
Une occasion unique s’offre aux exportateurs canadiens : celle de s’établir sur des marchés à forte croissance en tirant parti de leur avantage comparatif. Dans notre dernière analyse, nous avons précisé les principaux produits et marchés où le Canada dispose d’un avantage concurrentiel. Cette information constitue une feuille de route pour les entreprises cherchant à diversifier leur portefeuille.
Dans le numéro du 20 février de Zone commerce intitulé Au-delà de la brume de l'incertitude, un monde de possibilités, nous avons évoqué plusieurs marchés à fort potentiel pour les entreprises exportatrices canadiennes désireuses de mieux diversifier la composition de leur portefeuille. Nous avons souligné le fait que les entreprises voulant s’implanter sur ces marchés doivent composer avec des réalités différentes selon le secteur où elles évoluent.
Première réalité en tête de liste : les facteurs liés à la demande. Y a-t-il une demande pour vos produits sur ce marché? Qu’en est-il de la concurrence? Les moteurs de l’activité commerciale étant en pleine mutation, le commerce se caractérise plus que jamais par la compétitivité des coûts et l’avantage comparatif. Il s’agit certes des coûts de production, mais aussi des coûts de transport. Sommes-nous alors en présence d’une dynamique réglementaire particulière à laquelle les entreprises doivent s’adapter?
Établir les produits à fort potentiel de croissance
Nous avons cherché à déterminer les produits canadiens présentant le plus important potentiel de croissance dans notre palmarès des 25 marchés les plus porteurs. Pour ce faire, nous avons utilisé un indicateur éprouvé : l’avantage comparatif révélé (ACR) que nous avons jumelé à nos prévisions pour le secteur des importations en fonction des divers pays.
L'ACR mesure l’avantage relatif du Canada pour l’exportation de biens particuliers. Il est obtenu en comparant deux éléments : la part du produit dans nos exportations totales et la part de ce même produit dans les échanges commerciaux à l’échelle du globe. Un score de l’ACR supérieur à un indique la présence d’un avantage comparatif et un score inférieur l’absence d’un tel avantage.
Par exemple, si les aéronefs comptent pour environ 2 % des exportations de biens et 1 % des exportations totales mondiales de biens, le score ACR est supérieur à un. Il y a donc avantage relatif. Voilà un indicateur simple mais percutant qui peut être très efficace pour répertorier les produits où des nations détiennent intrinsèquement un avantage concurrentiel. Cet avantage pourrait provenir de faibles coûts, d’une plus grande productivité, de l’accès à des compétences spécialisées ou encore de la disponibilité de ressources de premier plan.
Principaux produits et marchés des exportateurs canadiens
Les Services d’EDC ont dressé le tableau des produits où le Canada détient un plus grand avantage que chacun de 25 marchés qu’ils ont désignés comme porteurs. À cette donnée, nous avons ajouté nos prévisions à l’importation pour ces produits dans chacun des marchés. Résultat : nous avons désigné les produits porteurs dans les marchés porteurs, qui sont promis à la croissance la plus rapide.
Alors, qu’avons-nous constaté?
1. Bien que les exportations canadiennes se trouvent très concentrées en fonction des destinations, elles sont remarquablement bien diversifiées selon les produits. De fait, en 2024, les exportations de biens du Canada étaient à plus de 80 % composées de plus de 25 produits distincts : des produits forestiers en passant par les produits pharmaceutiques et même les friandises en chocolat.
2. Fait intéressant à propos de nos exportations, le Canada détient un avantage dans quatre des cinq produits en tête de liste très prisés dans plusieurs marchés porteurs. Voilà qui est prometteur pour la croissance des exportations canadiennes.
Vous devriez également consulter
Renforcez les chaînes d’approvisionnement, gérez la hausse des coûts et gardez le cap en temps d’incertitude.
Métaux, minéraux et produits forestiers : des filières riches en occasions
Notre analyse montre, sur des marchés très porteurs, la présence d’avantages et de débouchés substantiels pour le Canada, notamment les suivants :
- les minéraux (en particulier les minerais),
- le transport (véhicules et aéronefs)
- les engrais
- les produits du bois et de la page de bois
- les métaux (le nickel et le zinc)
Le Canada profite d’avantages et de débouchés modérés dans les filières suivantes :
- produits animaux et végétaux (dont les produits de la mer et les oléagineux)
- autres métaux (aluminium et cuivre)
- articles de mobilier
À l'inverse, les textiles (y compris la soie, la laine et les vêtements) se situent dans le bas de l'indice.
Pour ce qui est de minéraux, en particulier les minerais, on dénombre 11 marchés très porteurs pour les exportateurs canadiens. Ces marchés regroupent des marchés avancés affichant une robuste croissance comme le Mexique, la France, l’Espagne, le Japon, la Corée du Sud, la Belgique, la Suisse, la Malaisie, la Turquie, l’Irlande et la Colombie. Du côté de l’agroalimentaire, on recense neuf marchés porteurs à court terme : le Royaume-Uni, l’Inde, Singapour, la Pologne, la Belgique, la Suisse, la Turquie, la Suède et la Colombie.
Au moment d’envisager de saisir des occasions sur ces marchés, il est primordial de tenir compte du volet logistique. Dans le cas de l’aluminium et des produits d’aluminium, la Chine, Singapour et le Brésil sont des marchés porteurs pour les exportateurs canadiens. De même, pour le nickel, la Suisse, la Malaisie et la Colombie sont des marchés prometteurs qui valent la peine d’être explorés. S’agissant du zinc, on compte sept marchés porteurs, dont le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, le Brésil et la Pologne. Les possibilités de se diversifier vers certains de ces marchés doivent cependant prendre en compte les coûts de transport.
Plusieurs industries très intégrées aux chaînes d’approvisionnement de l’Amérique du Nord recèlent de riches occasions de croissance à l’international. C’est le cas des produits canadiens du bois d’œuvre et forestiers qui offrent un énorme potentiel de croissance sur des marchés comme l’Allemagne, la Chine, le Royaume-Uni, l’Italie, la Malaisie, l’Irlande et le Vietnam.
Les fournisseurs d’appareils et de pièces du secteur aéronautique pourraient, en théorie, récolter pareils avantages sur des marchés comme l’Inde, le Japon, l’Italie, la Belgique, la Suisse, les Émirats arabes unis et la Malaisie. Quant aux exportateurs du secteur automobile, ils trouveront de multiples possibilités de croissance dans des pays comme le Brésil, Singapour et la Colombie. Compte tenu du fait qu’une bonne partie des avantages accolés à ces produits provient des chaînes d’approvisionnement nord-américaines, il sera judicieux de déterminer comme elles s’imbriquent dans d’autres chaînes d’approvisionnement régionales.
Conclusion : les avantages du Canada sur la scène du commerce
De par l’abondance de ses ressources naturelles, le Canada dispose d’avantages de taille sur le plan commercial. Les exportations canadiennes sont généralement plutôt diversifiées, mais cela ne veut pas forcément dire que nous exportons plus de produits sur des marchés porteurs de croissance et où nous détenons un avantage comparatif.
Voilà pourquoi nous devons accorder une attention particulière aux produits pour lesquels nous sommes naturellement en bonne posture, en particulier les produits appelés à répondre des besoins importants sur des marchés de demain à fort potentiel. Vu les difficultés se dressant devant l'économie mondiale, l’argument en faveur de la diversification ne s’est jamais tant imposé.
Nous tenons à remercier chaleureusement Meena Aier, Prerna Sharma et Marina Malcheva, pour leur contribution à la présente chronique. N’oubliez pas que votre avis est très important pour les Services économiques d’EDC.
Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer à l’adresse economics@edc.ca et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future.