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L’incertitude assombrit le ciel des économies nord-américaines en 2026
Précisions au sujet de l’auteur
Prince Owusu
Économiste principale, Centre d’information économique et politique
Dans cet article :
L’anxiété économique a augmenté à des niveaux rarement vus en 2025. La cadence des annonces tarifaires a ralenti, mais les tensions commerciales entre les États-Unis et ses principaux partenaires commerciaux demeurent élevées. Cette incertitude a perturbé les affaires et les plans de dépenses des ménages. Résultat : l’activité économique a marqué le pas fin 2025.
Quant à l’embauche, elle a diminué à l’échelle du continent et elle demeurerait modérée en 2026. Les entreprises hésitent à faire des investissements importants jusqu’à ce que la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), prévue pour cet été, soit finalisée.
Sur une note positive, les tensions inflationnistes s’atténuent dans toute l’Amérique du Nord. La Banque du Canada a abaissé son taux directeur à l’extrémité inférieure de son seuil (une fourchette qui ne stimule ni ne restreint l’économie), alors que de leur côté la Réserve fédérale des États-Unis (la Fed) et la Banque centrale du Mexique (Banxico) devraient effectuer de nouvelles réductions de leurs taux d’intérêt en 2026.
Malgré ces mesures, les denrées essentielles du quotidien – notamment le café et le bœuf – demeurent coûteuses, ce qui met à rude épreuve les ménages à plus faible revenu. L’incertitude liée aux tarifs douaniers accentue le stress financier des ménages, surtout celui des familles déjà endettées. L’abordabilité du logement pose un autre défi majeur : les prix exorbitants et les taux hypothécaires élevés entravent le rythme de construction de nouvelles maisons, surtout aux États-Unis.
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Perspectives de l’économie des États-Unis pour 2026 : la croissance fléchira, sur fond de brouille tarifaire et de pénurie de logements
L’abordabilité demeure une préoccupation majeure pour beaucoup de ménages étatsuniens. Le repli du côté de la création d’emplois, la hausse du chômage et la morosité des consommateurs freinent les dépenses discrétionnaires (consultez le tableau). Les nouveaux emplois non liés au secteur agricole étaient, en moyenne, de seulement 49 000 par mois en 2025, soit une baisse de près de deux tiers par rapport à 2024. Le taux de chômage a grimpé à 4,4 % en décembre.
Création d’emplois
Moyenne mobile sur 12 mois, en milliers
Sources : Haver Analytics; Services économiques d'EDC
Le logement devient moins abordable alors que les taux hypothécaires ainsi que les prix des maisons et des loyers restent élevés. L’augmentation des primes d’assurance (de 7 % en novembre) et des coûts d’électricité (de 6,9 %) alourdit le fardeau sur les ménages. Les consommateurs contractent plus de dettes, ce qui limitera assurément les dépenses en 2026. Selon notre analyse, les taux hypothécaires et le prix des logements ne reviendront pas à des niveaux prépandémiques.
Les tarifs douaniers sur le bois d’œuvre et les produits faits en bois canadiens – en hausse de 30 % à 50 % – ont accru d’environ 9 000 USD au prix moyen des maisons et, par le fait, tempéré la cadence de construction de nouveaux logements. Les mesures de répression à l’encontre des immigrants réduisent aussi le bassin de travailleurs qualifiés, une situation qui contribue à la hausse des salaires.
Par ailleurs, l’incertitude persistante nuit à l’investissement des entreprises. Des projets en énergie propre d’une valeur de 32 milliards de dollars ont été annulés en 2025, ce qui a affecté environ 40 000 emplois et 4causé la suspension des contrats de location d’éoliennes en mer. De nouveaux projets étant prévus, une plus grande clarté s’impose en ce qui a trait aux tarifs douaniers et aux politiques, et ce, avant que les chantiers soient mis en branle. On prévoit que la croissance des investissements en 2026 sera de la moitié de ce qu’elle était ces cinq dernières années.
Comme l’inflation est dans la mire de la Fed et que le marché du travail s’essouffle, la Fed devrait abaisser ses taux de 50 points de base supplémentaires cette année afin de stimuler la demande. La croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) devrait fléchir et passer d’une moyenne de 3,6 % (de 2021 à 2024) à environ 2 % (de 2025 à 2027).
Prévisions pour l’économie canadienne : s’adapter aux tarifs tout en favorisant la croissance future
Le Canada démarre 2026 en étant ballotté par de forts vents contraires engendrés par les surtaxes douanières. De fait, les États-Unis ont imposé des droits de douane prohibitifs : 50 % sur l’acier et l’aluminium, 10 % sur l’énergie et la potasse et 25 % sur les autres exportations non conformes à l’ACEUM. La Chine a emboîté le pas avec des droits de douane punitifs, y compris des droits antidumping de 75,8 % sur les graines de canola canadiennes, des droits de 100 % sur l’huile et la farine de canola, et sur les pois, ainsi que des droits de 25 % sur les produits de la mer et le porc, de mesures qui ont réduit considérablement les volumes d’exportation canadiens (dans les deux chiffres) l’automne dernier. Si le recul des exportations canadiennes s’est stabilisé, il n’en demeure pas moins que l’activité du secteur est atone en début d’année.
En guise de riposte, le gouvernement fédéral a lancé la stratégie de l’Unité de l’économie canadienne pour aplanir les obstacles commerciaux entre les provinces et accélérer l’aménagement d’infrastructures. La suppression des entraves interprovinciales pourrait permettre de débloquer de 110 milliards à 200 milliards de dollars en croissance annuelle.
Les mesures financières prévues dans le budget fédéral devraient aider le Canada à éviter la récession, puisqu’on prévoit que le PIB augmentera de 1,2 % en 2026. La révision de l’ACEUM prendra fin cet été et aboutira à l’élaboration d’une nouvelle stratégie. La croissance pour ainsi atteindre 2,5 % l’an prochain (consulter le tableau).
On le sait : les surtaxes douanières ont émoussé la confiance des investisseurs. Le huard a pris de l’altitude et a gagné plus de 5 % depuis mars 2025. D’après nous, face à la devise américaine, il s’échangera à 72 cents d’ici la fin de l’année.
Économie canadienne : regain de tonus l’an prochain
Croissance du PIB réel, a/a, variation en pourcentage (%)
Sources : Haver Analytics; Services économiques d'EDC
L’économie du Mexique continue d’offrir un rendement inférieur en raison de ses politiques restrictives et du contrôle de l’État sur les secteurs clés, comme l’énergie et les minéraux critiques. Les réformes constitutionnelles – comme élire des juges par l’entremise d’élections nationales et éliminer les organismes de réglementation autonomes – ont affaibli les institutions et découragé les investissements directs étrangers. Plusieurs investissements directs étrangers qui avaient été annoncés ont été annulés ou suspendus.
Les tarifs voilent encore plus les perspectives pour les entreprises désireuses de s’établir sur le marché mexicain. C’est le cas de Honda : le fabricant prévoyait construire une usine de production de Civic hybrides au Mexique, mais s’est ravisé pour s’implanter plutôt en Indiana après que les États-Unis ont annoncé des tarifs de 15 % sur les véhicules et les pièces ainsi que des tarifs de 50 % sur l’acier et l’aluminium. Comme plus de 80 % des exportations du Mexique prennent la direction des États-Unis, ces mesures posaient un défi de taille.
La croissance du PIB s’élèverait à tout juste 1,3 % en 2026, puis à 2 % l’an prochain – soit après la révision de l’ACEUM –, ce qui resterait sous la croissance potentielle (consulter le tableau). Banxico abaissera ses taux cette année dans l’espoir de stimuler la demande intérieure. Or, pareilles diminutions exerceraient des tensions sur le peso mexicain, qui s’échangerait en moyenne, face au billet vert, à 20 pesos cette année et à 20,86 pesos mexicains en 2027.
Mexique : des décennies de débouchés en péril sans un retour des réformes du marché
PIB réel, en millions de pesos de 2019
Sources : Haver Analytics; Services économiques d'EDC
Comment EDC peut aider les exportateurs canadiens
EDC offre une panoplie de ressources pour aider les entreprises canadiennes à affronter l’incertitude, notamment des renseignements sur les marchés ainsi que des solutions de financement et de gestion des risques. Les exportateurs peuvent faire appel aux conseils et aux réseaux de nos spécialistes pour s’adapter, rivaliser avec la concurrence et à croître dans un contexte mondial marqué par la complexité.
Voici comment nous pouvons vous aider :
- Renseignements sur le marché étatsunien : Accédez à de l’information d’intérêt à propos du climat des affaires aux États-Unis.
- Programme d’impact commercial d’EDC : Lancé en mars 2025 et faisant partie intégrante de l’enveloppe de 6,5 milliards de dollars du gouvernement du Canada, ce programme permettra d’octroyer 5 milliards de dollars supplémentaires jusqu’en mars 2027 pour faciliter les activités des entreprises admissibles.
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