Une femme souriante avec les bras croisés dans un entrepôt avec des boîtes sur les étagères.

Optimiser les chaînes d’approvisionnement pour atténuer les risques

Optimiser les chaînes d’approvisionnement pour atténuer les risques du commerce international

La résilience de la capacité d’un exportateur à réaliser des bénéfices se forge, lien par lien, dans la solidité de la chaîne d’approvisionnement d’une entreprise.

Pourtant, même les chaînes d’approvisionnement les plus robustes sont mises à l’épreuve par l’évolution des réalités géopolitiques, les menaces environnementales et la transformation du commerce international.

Pour les exportateurs canadiens sur les marchés mondiaux, l’évaluation des risques et l’élaboration de stratégies d’optimisation des chaînes d’approvisionnement sont des étapes essentielles pour deux raisons clés :

1. faire parvenir vos produits aux acheteurs à temps;
2. mettre en place un plan B en cas de lacunes dans la chaîne d’approvisionnement.

En s’attaquant de manière proactive aux vulnérabilités et en adoptant de meilleures pratiques, les entreprises peuvent naviguer à travers les complexités du commerce international avec plus de confiance et de résilience.

Comprendre la chaîne d’approvisionnement de bout en bout

Des matières premières et des produits finis jusqu’à l’entreposage et à la livraison aux clients à travers le monde, la chaîne d’approvisionnement d’un exportateur est composée de nombreuses pièces mobiles et complexes. Pourtant, nombre d’entreprises ont tendance à se concentrer sur les domaines directement liés à leurs activités, affirme Emiliano Introcaso, conseiller en commerce et gestionnaire principal des opérations produits à Exportation et développement Canada (EDC).

« S’informer sur sa chaîne d’approvisionnement est une chose que beaucoup d’entreprises ne font pas. Si elles ont un client, il y a une chaîne d’approvisionnement vers lui, mais ce n’est qu’une partie d’un ensemble plus vaste. Si elles ne saisissent pas bien le portrait global et leur rôle au sein de celui-ci, elles sont incapables d’évaluer correctement leurs risques », explique M. Introcaso.
 

Un homme faisant l’inventaire des produits dans des boîtes en carton sur les étagères d’un entrepôt à l’aide d’une tablette et d’un stylet.

À quoi ressemble une chaîne d’approvisionnement robuste?

Elle est étayée par un cadre stratégique qui intègre en permanence des mécanismes d’amélioration. Une gestion solide des chaînes d’approvisionnement devrait être capable de s’adapter aux fluctuations du marché, à l’augmentation des tarifs et des droits de douane ou aux perturbations dans l’expédition, en plus d’être suffisamment agile pour suivre l’évolution de la demande selon les besoins. Elle intègre également les réglementations nationales et internationales en matière de conformité, qu’il soit question de formation des employés ou d’analyse comparative, par exemple.

Pour Lisa Fenton, gestionnaire des chaînes d’approvisionnement et des stocks à l’échelle mondiale chez Custom Plastics International, la gestion des risques liés aux chaînes d’approvisionnement a gagné en complexité et en subtilité au cours de ses 12 années dans le secteur. On pense notamment à des aspects comme la demande croissante de transparence dans la gestion des risques environnementaux et sociaux au sein des chaînes d’approvisionnement. Les grandes sociétés cherchent de plus en plus des fournisseurs qui soutiennent activement leurs initiatives de développement durable et les aident à atténuer les risques.

Lancée en 1965, l’entreprise familiale fournit des produits de moulage par injection de plastique à 18 industries, au pays comme à l’étranger.

« Lorsque j’ai commencé dans le domaine des chaînes d’approvisionnement, on ne s’occupait pas tellement de l’environnement géopolitique ou de l’analyse des risques. C’était plutôt un positionnement tactique », se souvient Mme Fenton.

« Toutefois, la priorisation des risques (quels qu’ils soient) est désormais au centre des préoccupations : évaluation des fournisseurs, préparation aux impondérables opérationnels, géopolitiques, logistiques et commerciaux, sans oublier les risques concernant la cybersécurité, la conformité réglementaire, l’environnement et les questions financières », soutient-elle.

« De nos jours, il s’agit beaucoup plus d’un rôle de partenaire de stratégie analytique où vous devez être prêt à la fois pour tout et pour n’importe quoi. »

Affronter les risques liés aux chaînes d’approvisionnement là où ils se trouvent

La première étape pour gérer les risques consiste à les cibler là où ils se trouvent dans la chaîne d’approvisionnement, en intégrant une structure de soutien et en réalisant que les lacunes peuvent cacher des possibilités inexplorées.

Voici quelques types courants de risques liés aux chaînes d’approvisionnement :

1. Expédition et transport
2. Droits de douane, tarifs et diversification
3. Cybercriminalité

1. Expédition et transport

Pour amener des produits sur un marché, il ne suffit pas de remplir des conteneurs sur des navires; il faut aussi comprendre que le transport international peut être un jeu où les règles changent fréquemment et avec de très courts préavis.

Il est essentiel d’avoir un transitaire de confiance qui connaît bien l’exportation canadienne, car il peut coordonner chaque voie commerciale nécessaire pour votre chaîne d’approvisionnement. Un transitaire fiable tire également parti de partenariats internationaux pour trouver les meilleures offres, en particulier pour les petits envois.

Les retards d’expédition, qu’ils soient dus à des ports congestionnés ou à des inefficacités dans le réseau logistique, peuvent entraîner des problèmes de livraison et d’entreposage, ainsi que des coûts de détention. Les catastrophes naturelles, comme les tremblements de terre, les inondations ou les ouragans, peuvent également provoquer des interruptions prolongées. C’est pourquoi il est important d’intégrer la redondance dans le système, comme des itinéraires alternatifs et un approvisionnement sur divers marchés, lorsque cela est possible, mentionne M. Introcaso.

« Si votre source de matériaux est loin de votre entreprise, il est possible que le coût de votre produit soit très économique, mais les délais d’approvisionnement, le coût de l’expédition et les droits de douane seront peut-être plus élevés, explique-t-il. Si vous optez pour un marché plus proche ou si vous avez recours à la délocalisation de proximité, l’approvisionnement de votre produit sera peut-être plus coûteux, mais les risques et les prix au débarquement seront moindres. »

Il est également payant d’aborder les faiblesses dans le transport dans une optique de possibilités à explorer, ajoute Mme Fenton. Pendant la pandémie, alors que l’expédition était coûteuse et lente, elle a fait une analyse des transports et, à sa grande surprise, le fret aérien n’était pas l’option la plus dispendieuse.

« Nous avons livré nos produits à nos clients pour moins cher et dans de meilleurs délais. Ce genre d’analyse des écarts et l’exploration des chiffres en profondeur mettent en évidence des occasions que vous n’auriez peut-être pas envisagées », dit-elle.

Conseil : Les exportateurs qui explorent les options de fret peuvent effectuer une recherche par nom, par code de transporteur et par ville dans le répertoire des membres de l’Association canadienne des transitaires internationaux (ATIC). EDC offre également l’outil EnListe, qui présente un répertoire de fournisseurs de services triés sur le volet.
 

Un avion vole au-dessus de conteneurs et de camions, et une personne portant un gilet de sécurité se trouve au sol.

2. Droits de douane, tarifs et diversification

Alors que certains pays, voire certaines régions, passent de la mondialisation au protectionnisme, les taxes et droits de douane sur les exportations et les importations fluctuent, ce qui rend plus coûteux le mouvement des marchandises traversant les frontières. Les exportateurs ayant optimisé leur chaîne d’approvisionnement pour la rendre plus agile peuvent contourner les barrières tarifaires et douanières et s’orienter vers des pays qui ont conclu un accord de libre-échange (ALE) avec le Canada.

Les exportateurs qui misent sur un seul marché comprennent qu’un manque de diversification des fournisseurs, des marchés ou des lieux de production rend les chaînes d’approvisionnement vulnérables aux perturbations locales. La diversification des marchés et des fournisseurs agit comme un tampon, répartissant les risques entre différentes zones géographiques et différents secteurs.

« De toute évidence, la diversification vers des marchés avec lesquels nous avons une entente directe, comme le Chili ou le Costa Rica, ou un accord de libre-échange collectif, est un moyen de vous assurer que vous en obtenez le plus possible pour votre argent », constate M. Introcaso.

Le Canada a actuellement 16 ALE en vigueur, dont les suivants :

  • Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM)
  • Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, qui élimine 98 % des droits de douane sur les produits canadiens non agricoles
  • Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), qui comprend 11 pays et 500 millions de clients potentiels.
  • D’autres ALE ont été conclus avec des pays individuels, notamment le Royaume-Uni, la Corée du Sud, le Honduras, le Panama, la Jordanie, la Colombie, le Pérou et plusieurs autres.

Les exportateurs qui cherchent à prendre de l’expansion ou à trouver d’autres marchés peuvent consulter une liste des ALE en vigueur.

3. Cybercriminalité

La cybercriminalité et le vol de données ont souvent fait la une des journaux au cours des dernières années et continuent d’avoir un impact quotidien sur les gens, l’industrie et les gouvernements.

Selon le rapport sur la cybersécurité de 2024 (en anglais) de CrowdStrike, les intrusions infonuagiques ont augmenté de 75 % chaque année. Pour les exportateurs, la cybercriminalité perturbe les opérations; le temps d’arrêt des systèmes, les violations de données et les ruptures des chaînes d’approvisionnement entraînent des pertes de bénéfices et nuisent à la réputation.

Même si la nature tentaculaire des chaînes d’approvisionnement les rend vulnérables à plusieurs niveaux, il est possible d’atténuer le risque. Vous pouvez par exemple investir dans un réseau privé virtuel (VPN) et le cryptage des données, une évaluation des risques par un tiers, une infrastructure de cybersécurité robuste et la formation des employés, tout en vous assurant que vous êtes conforme aux lois sur la protection des renseignements personnels dans vos marchés d’exportation.

Le gouvernement fédéral canadien a également publié sa Stratégie nationale de cybersécurité de 37,8 millions de dollars, qui repose sur une approche pansociétale pour gérer tant le risque lié aux infrastructures essentielles transfrontalières que le risque sur son territoire. Le Centre canadien pour la cybersécurité dispose également d’outils de sensibilisation et de gestion des risques.

Gérer les risques des chaînes d’approvisionnement en 2025

Renforcez les chaînes d’approvisionnement, gérez la hausse des coûts et gardez le cap en temps d’incertitude.
 

Créer une chaîne d’approvisionnement optimisée

L’optimisation de la chaîne d’approvisionnement ne consiste pas seulement à réduire les dépenses, c’est aussi savoir concevoir un réseau résilient et souple qui peut prospérer dans un contexte de changement constant. Il s’agit également de bâtir des liens solides et de déterminer là où les relations existent et la façon dont elles fonctionnent.

La provenance de vos matériaux, l’endroit où ils sont entreposés et leur mode de distribution aux consommateurs : voilà autant de maillons de la chaîne d’approvisionnement que vous, en tant qu’exportateur, devez surveiller pour comprendre les normes de conformité, la façon de gérer les perturbations tarifaires et les hausses de la demande afin d’être en mesure de repérer les vulnérabilités avant qu’elles ne deviennent des problèmes.

Voici quelques méthodes d’optimisation de la chaîne d’approvisionnement :

1. La collecte de renseignements sur la chaîne d’approvisionnement
2. Le recours à l’IA générative et aux technologies d’automatisation
3. L’investissement dans les pratiques exemplaires et la formation
4. La compréhension des enjeux de conformité et de réglementation
5. La connaissance des contrats, des Incoterms et des assurances
6. La création d’un tableau de bord d’indicateurs de rendement clés (IRC)

1. La collecte de renseignements sur la chaîne d’approvisionnement

Ça commence par l’identification de tous les fournisseurs à tous les niveaux (et pas seulement les fournisseurs immédiats). Il faut donc comprendre qui sont les sous-traitants, car les risques peuvent souvent provenir des couches plus profondes de la chaîne.

Les consultants en chaîne d’approvisionnement ou les équipes internes qui supervisent le processus de collecte de renseignements devraient inclure une évaluation des emplacements géographiques de tous les partenaires afin de déterminer les risques régionaux comme l’instabilité politique, les catastrophes naturelles et les défis associés aux infrastructures.

Il est tout aussi important d’utiliser les données sur les modes de transport, les délais d’exécution et les stocks pour schématiser le flux des matériaux afin de cerner les dépendances et les maillons faibles. Enfin, l’organisation des exigences de conformité et des obligations réglementaires pour chaque territoire garantit le respect des lois internationales et nationales.

Pour Mme Fenton, qui gère une petite équipe, les meilleures possibilités d’optimisation de sa chaîne d’approvisionnement se sont révélées à l’interne, en décelant les inefficacités et en démarrant de nouveaux processus grâce à une trousse d’outils contenant des logiciels, des rapports automatisés et des indicateurs.

« Lorsque vous êtes une équipe d’une ou de deux personnes, vous devez vraiment être très efficace. J’ai créé des rapports pour d’autres services qui sont également utiles pour la chaîne d’approvisionnement », explique-t-elle.

« La plupart du temps, les gens de la chaîne d’approvisionnement travaillent en silo. Mais il faut les sortir de cet isolement pour créer des gains d’efficacité pour vos parties prenantes et vos clients, qui ne sont pas seulement vos clients ultimes, mais aussi vos clients à l’interne, comme les autres services dont les gains d’efficacité sont liés aux vôtres. »

2. Le recours à l’IA générative et aux technologies d’automatisation

Le recours aux modèles d’intelligence artificielle (IA) générative et aux technologies d’automatisation peut vous aider à optimiser vos stocks, à faire correspondre la production avec la demande, à réduire le gaspillage et à améliorer la réactivité face aux perturbations.

Par exemple, l’analyse des données en temps réel et les indicateurs de rendement clés (IRC) peuvent rapidement repérer les goulots d’étranglement et les inefficacités. L’adoption de certaines technologies, comme les progiciels de gestion intégrés qui recueillent, stockent et analysent les données, rationalisera davantage vos processus, des finances jusqu’à la fabrication, en passant par les stocks et les ventes.

Un rapport sur l’utilisation des modèles d’IA dans la gestion des chaînes d’approvisionnement par l’Institut IBM de recherche en valeur commerciale indique que :

  • 79 % des dirigeants ont déclaré que l’IA générative était utile pour optimiser la gestion des stocks en prédisant les tendances futures de la demande;
  • plus de 80 % des répondants ont déclaré que les capacités prédictives de l’IA ont conduit à une détection plus précoce des problèmes;
  • 77 % ont déclaré que les modèles d’IA ont également aidé à déclencher des mesures proactives en cernant avec succès les risques géopolitiques et climatiques.
     
Une jeune femme regardant des données transparentes projetées sur un écran transparent dans un bureau sombre.


Pour les exportateurs qui envisagent certaines de ces stratégies (ou l’ensemble de celles-ci), il est important de s’assurer que les données sont épurées, que des protocoles de protection des renseignements personnels et de sécurité sont établis et que le personnel est entièrement formé. Vous pouvez en savoir plus sur la façon dont l’IA générative peut aider votre entreprise en visionnant notre webinaire, L’IA pour favoriser la croissance à l’étranger.

3. L’investissement dans les pratiques exemplaires et la formation

Même si l’IA nécessite un investissement important dans la formation, le perfectionnement global de la main-d’œuvre peut améliorer les opérations au sein de la chaîne d’approvisionnement. Une équipe compétente et adaptable est mieux outillée pour mettre en œuvre de nouvelles technologies et des processus novateurs de façon efficace.

La mise en place de méthodologies d’amélioration continue axées sur les données, comme Six Sigma ou Kaizen, favorise une culture d’excellence, car les employés sont habilités à déceler les occasions d’optimisation à tous les niveaux.

En considérant la chaîne d’approvisionnement comme un écosystème dynamique et interconnecté plutôt que comme un processus linéaire, les entreprises peuvent s’adapter rapidement, exploiter de nouvelles possibilités et atteindre un niveau d’optimisation qui leur permet de devancer la concurrence.

Les exportateurs devraient être au courant de réglementations comme le pacte vert pour l’Europe, qui est axé sur le développement durable et les objectifs liés au climat, et les cadres de l’Indo-Pacifique comme la loi australienne sur l’esclavage moderne (en anglais), qui porte sur les droits de la personne au sein des chaînes d’approvisionnement. Le respect de ces réglementations contribue à garantir l’accès aux marchés et la conformité aux normes internationales.

4. La compréhension des enjeux de conformité et de réglementation

Pour exporter, il est essentiel de connaître les tenants et aboutissants du passage aux douanes à la frontière et de se conformer aux exigences de déclaration, deux tâches qui ont considérablement gagné en complexité, affirme Mme Fenton.

Même si la conformité douanière peut permettre à vos produits de franchir les frontières à temps, les pays importateurs et les organismes étrangers peuvent exiger le respect de réglementations supplémentaires, en partie pour la surveillance et, éventuellement, comme moyen de percevoir des frais. La compréhension de ces réglementations et l’établissement d’une planification inversée pour la collecte et la production de l’information peuvent prendre plus de temps, mais sont essentiels.

« Les demandes concernant la conformité réglementaire semblent être plus fréquentes que par le passé, tant de la part des clients que des fournisseurs, déclare-t-elle. Les analyses et les demandes de renseignements supplémentaires augmentent également. Il est possible que les exportateurs doivent consacrer plus de ressources à la gestion des problèmes de conformité, car ils sont plus que jamais mis en évidence. »

Les exportateurs canadiens pourraient envisager de créer leur propre programme de réglementation et de conformité, dans lequel les réglementations seraient intégrées à leurs processus dès les étapes de l’étude de marché et de la R-D.

La réalisation d’évaluations des risques en continu, la formation en matière de conformité ainsi que la sécurité et la surveillance de bout en bout de la conformité des exportations sont autant de mesures proactives qui augmentent la résilience dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement.

Vous pouvez parcourir les exigences en matière de conformité et de déclaration en consultant le guide en ligne de l’Agence des services frontaliers du Canada et notre article, Conformité et logistique : ce que vous ignorez peut vous coûter cher.

5. La connaissance des contrats, des Incoterms et des assurances

Au cœur de chaque conteneur de marchandises exportées se trouve un contrat entre un fournisseur et un acheteur.

Les contrats d’approvisionnement s’appuient sur un certain nombre de variables, dont plusieurs sont définies par des Incoterms, soit des acronymes de trois lettres qui clarifient les responsabilités des acheteurs et des vendeurs. Les Incoterms couvrent un éventail de questions : qui paye l’assurance pour l’expédition, qui est responsable de couvrir les droits de douane et comment la cargaison sera déchargée, pour ne nommer que celles-là. Bref, il s’agit d’un langage qui aide les deux parties à comprendre les coûts, les risques et les obligations de chacune.

Si les Incoterms permettent de bien comprendre les modalités du contrat, M. Introcaso considère que, pour protéger adéquatement votre entreprise, les clauses doivent aller beaucoup plus loin que la simple définition des rôles et des responsabilités.

« Par exemple, vous pourriez inclure l’Incoterm DDP, qui signifie “rendu droits acquittés” (ou delivered duty pay, en anglais). Il définit qui paye les droits, mais c’est tout. Si un pays impose de nouveaux frais ou tarifs douaniers à l’importation, ceux-ci devraient être explicitement inclus dans une clause allant au-delà de la définition de base de DDP, sinon les coûts supplémentaires pour l’importateur ne seront pas couverts », explique M. Introcaso.

« Les exportateurs devraient avoir des clauses très précises dans le contrat, qui ont été discutées avec un conseiller juridique, pour les aider à gérer les changements au fur et à mesure qu’ils surviennent. »

La couverture d’assurance est un autre outil que les exportateurs peuvent utiliser pour protéger leurs biens et leur investissement contre le non-paiement ou le refus d’un client d’accepter des marchandises.

Avec l’Assurance crédit de portefeuille d’EDC, si un client est en défaut de paiement, refuse d’accepter des marchandises ou résilie le contrat avant l’expédition, ou encore s’il y a des hostilités dans le marché qui empêchent le paiement, EDC couvre jusqu’à 90 % des pertes assurées. Dans de nombreux cas, les institutions financières sont plus disposées à prêter sur la base de factures assurées jusqu’à concurrence de 90 % de leur valeur.

La Garantie de facilité de change d’EDC est un autre produit qui offre une protection contre le risque de change, sans engager votre capital.

6. La création d’un tableau de bord d’indicateurs de rendement clés (IRC)

S’il existe des références, des objectifs ou des ensembles de données, il existe probablement un IRC pour vos exportations qui vous aidera à gérer et à améliorer le rendement de votre chaîne d’approvisionnement.

Qu’il s’agisse du suivi du niveau des stocks, des taux d’exécution des commandes, de l’entreposage ou des délais d’exécution, les ensembles d’IRC bien conçus sont essentiels pour repérer les goulots d’étranglement et les inefficacités. En surveillant continuellement ces indicateurs, les exportateurs peuvent rapidement détecter et régler les problèmes qui peuvent entraîner des perturbations, comme des retards d’expédition ou des pénuries de stocks.

En alignant les IRC sur les objectifs de l’entreprise, les exportateurs peuvent se concentrer sur l’amélioration de domaines critiques comme le rendement des fournisseurs, le contrôle des coûts et l’exactitude des livraisons. Par exemple, le suivi des taux de livraison à temps et des délais d’exécution des fournisseurs peut aider à reconnaître les partenaires fiables et à optimiser les stratégies d’approvisionnement.

Les avantages de l’optimisation des chaînes d’approvisionnement

Qu’il s’agisse de peaufiner ou de revoir entièrement une chaîne d’approvisionnement pour assurer sa résilience, Mme Fenton est d’avis que les bénéfices en valent la peine.

« Pour la plupart d’entre nous, dans le domaine de l’exportation, les journées passent tellement vite que nous ne nous arrêtons pas pour réfléchir aux occasions qui peuvent rapporter beaucoup à votre entreprise », dit-elle.

« L’optimisation de la chaîne d’approvisionnement libère votre équipe des activités tactiques, de sorte qu’elle dispose de plus de temps stratégique pour l’analyse. Vous constaterez des réductions de coûts, des opérations plus rapides et beaucoup plus de résilience », ajoute-t-elle.

« À mesure que vous mettrez en œuvre davantage de stratégies, l’optimisation se traduira également par des données plus épurées et, peut-être, par une plus grande ouverture à l’adoption de différentes façons de faire les choses. »

Accéder à l’expertise d’EDC

Les exportateurs canadiens à la recherche de soutien, de réponses et de connaissances sur la gestion des chaînes d’approvisionnement ont l’équipe de spécialistes d’EDC à leur disposition pour les aider. Pour en savoir plus, visionnez le récent webinaire d’EDC, intitulé Gérer les risques des chaînes d’approvisionnement en 2025.

Le Centre aide-export d’EDC est une ressource qui offre aux exportateurs canadiens des réponses aux questions les plus fréquemment posées au sujet du commerce international afin de favoriser la croissance de leur entreprise.

EDC fait partie de l’équipe commerciale du Canada, un groupe interconnecté de partenaires du gouvernement fédéral qui travaillent ensemble pour soutenir votre croissance internationale. Que vous ayez besoin de stratégies de financement, de solutions pour surmonter les risques, d’un accès à des connaissances sur les marchés ou de présentations pour consolider votre présence sur le marché, nous pouvons vous aider.

Avec EDC, l’équipe commerciale du Canada comprend la Banque de développement du Canada (BDC), la Corporation commerciale canadienne (CCC), Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) et le Service des délégués commerciaux (SDC).

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Date de modification : 2025-03-25