Pour mieux comprendre les expériences des exportateurs canadiens dans la région, EDC a communiqué avec des producteurs de l’agroalimentaire, notamment un contingent important de sociétés du secteur des produits de la mer. Leur contribution inestimable offre sans détour un portrait des marchés les plus porteurs pour eux et ce dont ils ont besoin pour s’y implanter.
Fait intéressant, les mêmes cinq thèmes clés sont ressortis lors des conversations avec ces exportateurs. Les voici :
1. Mise en relation avec des acheteurs de niveau supérieur
Les exportateurs de produits de la mer sont à la recherche de renseignements plus pointus sur les acheteurs potentiels. Après avoir tissé des liens solides avec les plus gros acheteurs dans un pays donné, ils désirent être présentés personnellement à des acheteurs de niveau 2, au pays voisin et dans les nations voisines. Et comme bon nombre d’entreprises canadiennes de produits de la mer vendent à ces mêmes gros acheteurs, il est urgent d’augmenter notre part du gâteau.
Selon M. Kanary, EDC travaille sans relâche pour établir des relations avec les grands détaillants de la région; il encourage les exportateurs à se renseigner sur ces relations. À titre d’exemple, nous venons d’accorder à l’un des plus grands conglomérats de détail de Corée du Sud, Lotte Shopping Co. ltée, un financement de 200 millions de dollars.
« En plus de continuer à soutenir les exportateurs canadiens en Chine, notre objectif est également d’élargir notre portée au-delà de ce pays. Nous travaillons à renforcer nos relations en Corée, au Japon, aux Philippines et en Australie », mentionne M. Kanary, qui ajoute qu’EDC possède plusieurs bureaux en Asie-Pacifique, dont les plus récents à Tokyo (Japon), à Manille (Philippines), à Bangkok (Thaïlande) et à Hô Chi Minh-Ville (Vietnam), ainsi que d’autres bureaux bien établis à New Delhi et à Mumbai (Inde), à Beijing et à Shanghai (Chine), à Séoul (Corée du Sud), à Sydney (Australie), à Singapour et à Jakarta (Indonésie).
2. Dépendance excessive à l’égard de la Chine
La majeure partie de leurs volumes de fruits de mer étant destinée à la Chine, les exportateurs canadiens reconnaissent la nécessité de se diversifier en Asie-Pacifique. Même s’ils sont à l’aise avec leur niveau actuel d’exposition en Chine, ils cherchent à accroître leur part dans les autres marchés dans la région, et ce, afin d’être présents dans au moins quatre marchés, voire plus. Pour se tourner vers de nouveaux pays, ils ont besoin de renseignements spécialisés qui leur permettent de connaître des indicateurs clés comme la demande des consommateurs, le paysage concurrentiel ainsi que les acheteurs auxquels ils peuvent faire confiance sur ces marchés très différents.
3. Changements géopolitiques et conséquences imprévues
Les eaux agitées du commerce international, résultat de l’imposition de surtaxe douanière par les deux plus grands partenaires commerciaux du Canada, ont créé d’énormes remous pour les exportateurs canadiens. Lorsque le président des États-Unis Donald Trump a invoqué la loi International Emergency Economic Powers Act pour imposer des tarifs douaniers sur le poisson et les fruits de mer canadiens, nos exportateurs du secteur ont dû repenser leurs projets d’expansion.
En mars 2025, après avoir conclu ce qu’elle a appelé une « enquête antidiscrimination », la Chine a appliqué des tarifs douaniers de 25 % sur 49 produits aquatiques, dont le crabe, la crevette, la palourde, le homard, le concombre de mer, la panope et le flétan, ce qui complique encore une fois les activités des exportateurs canadiens sur ce marché. Les tarifs ont maintenant été levés pour les principaux produits de la pêche, à savoir le homard et le crabe.
4. Création de la demande : dénicher les créneaux de marché potentiels
Les exportateurs canadiens de produits de la mer cherchent activement de nouveaux appâts à lancer, comme des entrées pilotes, pour bâtir la marque et tâter le terrain dans la région. Le repérage et l’entretien de créneaux potentiels sont des étapes incontournables. Prenons le homard en Inde, par exemple. Il n’y a pas de demande en ce moment, mais si la classe moyenne montante est ciblée au moyen d’une campagne de marketing efficace, vous pourriez accéder à un tout nouveau segment de marché. La détermination de possibles points d’entrée serait la prochaine étape. Dans le cas présent, il pourrait s’agir de convaincre les grandes chaînes hôtelières indiennes qui répondent aux besoins des clients occidentaux en quête d’un certain mode de vie de mettre le homard canadien au menu.
5. L’assurance crédit commercial d’EDC : gage de tranquillité d’esprit
C’est une opinion exprimée par toutes les entreprises qui exportent en Asie-Pacifique : elles n’envisageraient tout simplement pas de s’implanter ou de prendre de l’expansion dans la région sans l’assurance crédit d’EDC. En règle générale, les entreprises canadiennes hésitent à assumer le risque lié aux nouveaux acheteurs sans le soutien d’EDC pour l’atténuer. Mais il existe de nombreuses autres façons d’aider les exportateurs à réussir.