Tendances alimentaires 2026 : points essentiels pour les exportateurs
Précisions au sujet de l’auteur
Janet Wilson
Senior international trade writer
Dans cet article:
- Saveurs : les tendances alimentaires mondiales plus audacieuses et complexes en 2026
- La popularité des protéines et des fibres alimente la demande en 2026
- La consommation mondiale de viande de nouveau en hausse : voici pourquoi
- Innovation en produits protéinés : le goût occupe toujours une place dominante
- Automatisation et l’IA dans l’alimentaire : une tendance branchée devenue nécessité pour l’exportation
- L’Europe offre les meilleurs débouchés d’exportation aux producteurs alimentaires
- Voici comment EDC soutient les exportateurs
Les plus grands salons alimentaires organisés un peu partout dans le monde proposent une expérience pour le moins étourdissante. Un enchaînement d’innombrables kiosques et des milliers de produits à découvrir. Bref, ils sont une vitrine où toutes les tendances se côtoient, sous un même toit. Mais pour Ashley Kanary, directeur de la stratégie agroalimentaire à Exportation et développement Canada (EDC), la salle des exposants révèle un portrait révélateur et éclairant.
M. Kanary, qui travaille dans ce secteur depuis plus de quatre décennies, apporte une vision à long terme inspirée par son expérience des volets de production, de transformation et d’exportation.
Fraîchement de retour du salon Gulfood à Dubaï (l’un des plus prestigieux salons commerciaux alimentaires de la planète axés sur l’exportation) et en route vers les prochains événements SIAL à Montréal et à Paris, M. Kanary a une vision claire de la trajectoire de la demande alimentaire mondiale en 2026, et ce qui devrait dès maintenant retenir l’attention des exportateurs.
Les salons commerciaux révèlent l’importance accordée à la diversification des marchés d’exportation
En comparant le salon Gulfood et les événements SIAL, M. Kanary constate le même message.
« La diversification est l’élément dominant, déclare-t-il. Un tournant majeur s’est opéré l’an dernier. Les consommateurs veulent savoir ce que le monde entier peut leur offrir, et pas seulement les États-Unis. »
Pour en savoir plus, consultez les renseignements sur les marchés de l’Indo-Pacifique et de l’Asie rassemblés par EDC, y compris les tendances sur le front de la demande, les considérations réglementaires et les débouchés par secteur.
Ce virage a fondamentalement transformé la façon dont les exportateurs voient la croissance. « Plutôt que de laisser le monde venir vers nous, nous sommes allés vers le monde », ajoute M. Kanary.
Au salon Gulfood, cette diversification était présente partout : dans les échanges entre acheteurs, dans les pavillons nationaux ainsi que dans la formidable diversité des produits exposés. Les exportateurs ne misent plus sur un seul marché comme point d’ancrage. Ils analysent la situation à l’échelle mondiale, soupèsent les risques, évaluent leur capacité de résilience et anticipent l’évolution de la demande à long terme.
Pour être au fait de l’état de la demande en fonction des marchés, des obstacles aux activités commerciales et des meilleures stratégies d’entrée sur un marché en particulier, nous vous invitons à assister au webinaire d’EDC sur les stratégies d’exportation en Indo-Pacifique pour les exportateurs en agroalimentaire. Voici une occasion privilégiée d’obtenir des conseils pratiques pour vous développer dans la région.
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Perspectives d’Arlene Dickinson sur les exportations agroalimentaires : risques et débouchés en Indo-Pacifique
Outre la diversification, la question de la saveur gagne en popularité – et en complexité.
Selon M. Kanary, un nouveau mouvement à la cote, celui du « sucrépicé », un profil gustatif sucré et épicé présent dans toutes les cuisines. « Oui, c’est vraiment une tendance qui s’impose », explique-t-il en riant.
Imaginons le goût de fruits tropicaux (mangue, ananas, goyave par exemple) conjugué au piquant des piments jalapenos ou habanero. Ajoutons-y des ingrédients salés et fermentés, sans oublier les notes umami bien appuyées (l’une des cinq saveurs de base, avec le sucré, l’aigre, le salé et l’amer) et l’on obtient des profils gustatifs puisant dans les cuisines du monde, et pas seulement dans la cuisine fusion nord-américaine.
Les saveurs fruitées et épicées connaissent aussi leur heure de gloire. Le cassis et la grenade se mêlent aux aliments assaisonnés, ajoutant de l’acidité, un petit goût sucré et un soupçon d’épicé, tout à la fois.
Même les cuisines de rue les plus connues évoluent. À Ottawa, ville réputée depuis longtemps pour sa passion du shawarma, M. Kanary a vu apparaître un shawarma croustillant garni de graines de grenade – une touche qui fait écho à une tendance montante à l’échelle du globe.
La demande pour des aliments fonctionnels et riches en protéines est particulièrement vive dans l’Asie-Pacifique, où la population en pleine croissance, l’urbanisation et la hausse des salaires continuent de remodeler la consommation alimentaire. À ce propos, l’analyse des marchés d’exportation agroalimentaire en Indo-Pacifique d’EDC donne aux exportateurs un aperçu des marchés offrant les meilleures occasions d’affaires.
Si la saveur donne le ton, les protéines et les fibres mènent le bal.
« Les protéines et les fibres occupent une place centrale, explique M. Kanary. Elles ont la cote, car elles contribuent à une bonne santé intestinale, à l’adoption d’une alimentation fonctionnelle et à la prolongation de la sensation de satiété. »
Ce nouveau paradigme a changé sa perspective du secteur. En 2025, les principales priorités de M. Kanary comprenaient les marques maison, les fruits de mer et l’innovation. En 2026, il a complètement révisé le pilier principal du secteur.
« Je l’ai élargi, et je l’ai simplement nommé “protéines” », explique-t-il.
Ce groupe d’aliments comprend les fruits de mer, la volaille, le porc, le bœuf et les produits protéinés à valeur ajoutée, comme le yogourt dont la teneur en protéines peut atteindre 25 g de protéines par portion.
Au salon Gulfood, l’ampleur de la demande pour les protéines était des plus évidentes. Des centres d’expositions entiers étaient consacrés à la viande et aux produits laitiers, tandis que tout le reste était exposé dans des salles séparées. Au salon Anuga (à Cologne, en Allemagne), l’une des plus grandes foires commerciales internationales d’aliments et de boissons, ainsi que dans d’autres événements européens, les halls d’exposition consacrés à la viande et aux produits laitiers étaient les plus visités, souligne M. Kanary.
Plusieurs forces convergent pour ramener les protéines animales sur le devant de la scène :
1. Le secteur des aliments à base de plantes connaît un bouleversement. Les consommateurs délaissent les substituts de viande pour s’intéresser davantage aux aliments végétaux authentiques, peu transformés et composés d’ingrédients sains. « Les consommateurs se désintéressent des aliments dont le nom est impossible à prononcer… », affirme M. Kanary. Cette évolution a poussé certains consommateurs indécis à revenir vers une diète traditionnelle à base de viande et de produits laitiers — en particulier parce que le rôle des protéines dans la satiété et la nutrition devient plus clair.
2. Les atouts du Canada trouvent un écho chez les consommateurs aux quatre coins de la planète. Notre approvisionnement stable, nos normes élevées en matière de salubrité alimentaire et la qualité constante de nos protéines sont des éléments particulièrement prisés.
3. L’excellente récolte de cette année a aussi fait évoluer la situation économique. La moisson abondante de légumineuses et de céréales canadiennes a également favorisé les exportations et, au passage, fait du Canada un fournisseur plus attrayant à un moment où les acheteurs réévaluent les risques. « L’excellente récolte de cette année a permis de stabiliser les prix, confie M. Kanary. De bonnes récoltes alliées à la bienveillance de dame nature sont des conditions idéales ouvrir davantage de débouchés. »
4. Les perturbations géopolitiques font peser des tensions constantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales du blé et des céréales, particulièrement dans la région de la mer Noire, ce qui contraint les acheteurs à se tourner vers d’autres marchés. « Le blé canadien est bien connu pour sa teneur plus élevée en protéines, affirme M. Kanary. Stable et sécuritaire, le Canada place aussi l’innocuité des aliments au niveau le plus élevé, ce qui fait de nous un excellent partenaire. »
5. La prévisibilité de la saison de croissance canadienne et la fiabilité du Canada sont en voie de devenir des atouts concurrentiels à part entière. « La confiance envers les chaînes d’approvisionnement est aussi importante que le prix payé, souligne M. Kanary. Pour nous, cette réalité a vraiment changé la donne. »
Les entreprises canadiennes souhaitant surfer sur la popularité des protéines doivent se plier à l’une des grandes exigences du consommateur :
« Le produit doit être savoureux », déclare sans détour M. Kanary.
Au salon ISM à Cologne, le plus important salon de friandises et de collations dans le monde, les protéines étaient omniprésentes : dans les croustilles, les noix, les bâtonnets au fromage et les bonbons, entre autres. Du point de vue du goût, la plupart des produits présentés n’étaient pas à la hauteur, avoue-t-il.
« Les additifs dans les produits protéinés laissent un arrière-goût amer. Les entreprises qui vont résoudre ce problème gagneront assurément la mise. »
Cette difficulté n’a pas été un frein à l’innovation dans les produits finis, particulièrement les collations et les confiseries meilleures pour la santé. Selon M. Kanary, les collations et friandises santé riches en protéines constituent un créneau en pleine expansion pour les exportateurs canadiens.
Il mentionne le cas de Protein Candy, une entreprise canadienne qui ajoute des protéines à ses bonbons gélifiés, qui constitue un exemple de produits familiers pouvant marier nutrition et saveur. « Les produits de Protein Candy apportent un supplément de protéines tout en étant délicieux, dit-il. Voilà pourquoi cette entreprise connaît une croissance exponentielle. »
Une autre entreprise canadienne en démarrage, l’albertaine Phytokana, produit une poudre de fromage riche en protéines qui goûte vraiment le cheddar. M. Kanary prévoit de présenter cette entreprise à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
« Vous devez répondre aux attentes des consommateurs, déclare-t-il. Si vous ajoutez des protéines à du fromage, il doit toujours goûter le fromage. »
Automatisation et IA dans l’alimentaire : une tendance branchée devenue nécessité pour l’exportation
Si les protéines sont un incontournable de notre alimentation, l’automatisation et l’intelligence sont en voie de s’imposer comme des incontournables dans la production alimentaire. Pour M. Kanary, le rôle de l’IA comporte deux volets distincts.
1. En fabrication de produits alimentaires, l’automatisation est désormais essentielle pour être concurrentiel. M. Kanary estime que c’est dans les installations que l’IA doit apparaître en priorité – et en urgence. « Si vous négligez l’IA, vous serez du côté des perdants, affirme-t-il. Et pas uniquement sur les marchés mondiaux, mais aussi le marché intérieur. » La pénurie de main-d’œuvre est visible dans l’ensemble des régions rurales du Canada. M. Kanary admet qu’il est parfois impossible de trouver des employés pour travailler dans les champs ou dans les usines de fabrication. L’automatisation ne vise plus à supprimer des emplois, mais bien à accroître la production et à rester concurrentiel.
« À mesure que les entreprises se développent en intégrant l’IA et l’automatisation, les activités des travailleurs évolueront de la production vers l’entreposage ou l’expédition, prédit M. Kanary. Vous automatisez la production, réduisez le coût de vos marchandises et devenez concurrentiel à l’échelle mondiale. » Tous les exportateurs avec qui M. Kanary a discuté dans les salons commerciaux songent à adopter l’IA et à intégrer l’automatisation. Ils voient cela comme une étape inévitable. « Soit on saute dans le train, soit on rate le voyage. »
2. Alimentaire : les consommateurs ont recours à l’IA De plus en plus, les consommateurs utilisent des outils d’IA pour décider de ce qu’ils vont manger, de la planification des repas à la sélection des ingrédients. Demander une recette, un profil de saveurs ou une liste d’épicerie à une plateforme d’IA va devenir une seconde nature. Selon M. Kanary, cette évolution va modeler la demande, les tendances en matière de saveurs et les formats de produit, autant d’éléments dont les exportateurs devront tenir compte.
Alimentaire : la conformité réglementaire prime sur la rapidité à exporter ses produits
Alors que les exportateurs se diversifient, il devient crucial de faire preuve de discipline à l’égard de la réglementation. Parmi les écueils imprévus les plus fréquents, citons l’étiquetage et la conformité. M. Kanary affirme que le message d’EDC est simple : éviter de brûler les étapes.
« La réglementation varie énormément, même à l’intérieur des régions comme l’Asie-Pacifique et l’Europe. Les exigences japonaises en matière d’étiquetage diffèrent de celles en vigueur en Australie ou au Vietnam, par exemple. Les erreurs peuvent entraîner le refus d’un produit à la frontière. »
La bonne nouvelle, c’est que cette information est facilement accessible auprès d’EDC, du Service des délégués commerciaux (SDC) et des associations provinciales.
« Il est primordial de comprendre votre destination, de même que les règles et réglementations en vigueur concernant les importations vers ce marché. Certaines sont plus strictes que d’autres. Faites vos recherches avant de vous lancer, conseille M. Kanary. Vous éviterez ainsi des erreurs coûteuses. »
Dans certains cas, la concurrence pourrait même vous contraindre à établir une présence locale. De plus en plus d’entreprises canadiennes envisagent de se doter d’installations alimentaires en Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique latine afin de réduire leurs coûts de transport et de maintenir leur compétitivité.
Alors qu’EDC étend sa présence partout en Europe, M. Kanary voit se dessiner plusieurs créneaux porteurs :
- Fruits et légumes : Les produits les plus accessibles, comme les pommes de terre, les carottes, les oignons, les concombres et les poivrons, sont bien adaptés à l’expédition et correspondent à la demande européenne.
- Produits de base : Des occasions d’affaires prometteuses sont présentes là où l’offre canadienne peut soutenir les grands fabricants alimentaires européens ainsi que les chaînes d’approvisionnement intégrées.
- Marques maison : Dans certaines parties de l’Europe, la part de marché des marques maison dépasse les 40 %, contre un peu plus de 20 % au Canada et aux États-Unis. Cette structure du commerce de détail influence le comportement des consommateurs et crée des débouchés pour les fournisseurs canadiens.
- Fruits de mer : Le Canada est une puissance mondiale dans cette filière, ce que nous avons à offrir pourrait séduire les consommateurs sur tous les continents.
La réputation du Canada est un atout indéniable.
« Le Canada a une excellente réputation sur la scène internationale », affirme ce routier de l’industrie alimentaire canadienne. « Naturellement, cette réputation aide à ouvrir des débouchés à l’international. »
Exporter en Europe
Vous voulez étendre vos exportations en Europe? Découvrez comment les accords de libre-échange du Canada peuvent aider les exportateurs agroalimentaires à réduire les risques et à accéder à de nouveaux acheteurs dans le prochain webinaire d’EDC, « Exporter vers l’Europe grâce aux ALE du Canada ».
Accédez aux ressources d’EDC sur les marchés pour en savoir plus sur la demande des consommateurs, les exigences réglementaires et où les producteurs alimentaires canadiens trouvent des occasions d’affaires en Union européenne (UE) et au Royaume-Uni (R.‑U.).
Lorsque les exportateurs font appel à EDC, ils cherchent d’ordinaire trois choses : un fonds de roulement, des contacts et des conseils. Remplissez le formulaire de demande d’information et dites-nous comment nous pouvons vous aider.
Le financement aide les entreprises à augmenter leur production au pays, pour qu’elles puissent répondre à la demande à l’étranger. Si les assurances constituent son offre principale, EDC finance de plus en plus directement la croissance des entreprises et s’adapte à l’évolution des besoins des exportateurs. « Nous sommes bien plus qu’une simple compagnie d’assurances, déclare M. Kanary. Et les résultats le prouvent. »
L’impact des tendances alimentaires mondiales sur les exportateurs en 2026
Comme le résume M. Kanary, l’année 2026 fait la belle part à la combinaison singulière : l’alimentation fonctionnelle, d’un côté, et la cuisine réconfortante, audacieuse et inspirée des saveurs du monde, de l’autre.
- Les saveurs sucrées et épicées : Les profils gustatifs « sucrépicés », savant assemblage de notes fruitées et piquantes, gagnent en popularité.
- Les protéines et les fibres : Les aliments qui contribuent à la santé intestinale et aident les consommateurs à rester rassasiés plus longtemps.
- L’automatisation comme avantage concurrentiel : Loin de l’expérimentation, l’IA et l’automatisation sont devenues incontournable de la production alimentaire.
- Les décisions alimentaires influencées par l’IA : Les consommateurs recourent de plus en plus à l’IA pour choisir ce qu’ils mangent.
Pour les exportateurs canadiens, les possibilités sont bien réelles, à condition de vouloir s’adapter aux tendances dominantes.