Tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium : ce que les exportateurs doivent savoir
Précisions au sujet de l’auteur
Susan Redding
Rédactrice senior en commerce international
Dans cet article :
- Mise à jour 2026 : les tarifs sur les métaux appliqués sur la valeur totale des biens aux douanes
- Demeurez informé des changements tarifaires
- Pourquoi est-ce important pour les exportateurs canadiens?
- Stratégies que les entreprises prennent fréquemment en compte pour réagir aux tarifs
- Qu’est-ce qui attend les exportateurs en matière de tarifs
- Comment les exportateurs canadiens peuvent obtenir du soutien
Les exportateurs canadiens d’acier et d’aluminium ont été confrontés à des défis de plus en plus importants en raison des mesures commerciales prises par la seconde administration Trump.
Le 12 mars 2025, les États-Unis ont imposé des tarifs de 25 % sur les importations d’acier et d’aluminium canadiens, selon un décret du président Donald Trump. Cette mesure prise conformément à l’article 232 de la Trade Expansion Act of 1962 donne au président un pouvoir discrétionnaire considérable.
Le 4 juin 2025, l'administration américaine a doublé les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, les portant à 50 %.
Le 2 avril 2026, les États-Unis ont apporté des changements significatifs aux tarifs sur les importations d’aluminium, d’acier et de cuivre en vertu de l’article 232. Ces changements ont défini la façon dont les tarifs sont évalués, « assurant ainsi qu’ils reflètent la pleine valeur des produits d’acier, d’aluminium et de cuivre importés — et pas un prix étranger artificiellement bas. »
À l’instar des tarifs que la première administration Trump a imposés sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada et d’autres pays en 2018, les nouveaux tarifs ont été établis selon des motifs de sécurité nationale. Cette fois-ci, toutefois, les entreprises canadiennes sont confrontées à de plus grands défis. Les mesures annoncées en 2025, puis élargies en 2026, ont une portée substantiellement plus vaste que celles imposées par la première administration Trump.
Le gouvernement du Canada a mis en place des mesures réciproques sur l’acier et l’aluminium ainsi que d’autres produits américains afin de protéger les entreprises et les travailleurs canadiens.
Mises à jour pour 2026 : Les tarifs douaniers sur les métaux sont appliqués à la valeur en douane totale des marchandises.
Dans le cadre de la version précédente de l’article 232, les tarifs douaniers imposés sur plusieurs produits dérivés étaient calculés uniquement en fonction de la valeur de leur teneur en acier et en aluminium. Leurs parties non métalliques n’étaient pas soumises aux tarifs prévus à l’article 232, mais pouvaient l’être à d’autres tarifs douaniers américains applicables.
Le décret du 2 avril 2026 a apporté des changements importants aux tarifs douaniers prévus à l’article 232, y compris ce qui suit :
- Les tarifs sont calculés selon la valeur en douane totale d’un produit, et non pas uniquement sur celle de sa teneur en métal.
- Une nouvelle structure tarifaire met en place des taux progressifs de 10 % à 50 %, en fonction de la classification et de l’origine des produits.
- Les produits contenant 15 % ou moins des métaux concernés par ces tarifs bénéficient d’une exemption de minimis des tarifs prévus à l’article 232.
Un décret ultérieur, publié le 1er juin 2026, a temporairement modifié certains des tarifs douaniers imposés aux métaux « afin de lutter plus efficacement contre les menaces à la sécurité nationale, de stimuler les investissements dans les secteurs américains de l’agriculture, du logement et de la fabrication, et de faciliter la production américaine de produits connexes ». Ces taux modifiés doivent rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 2027, selon l'annonce du gouvernement américain.
L’application des tarifs douaniers sur la valeur en douane totale des marchandises peut avoir une incidence importante sur l’exposition tarifaire des produits dérivés. La méthodologie ajustée pourrait inciter certaines entreprises à repenser la conception de leurs produits ainsi qu’à revoir leurs sources d’approvisionnement et leurs structures d’importation, les tarifs étant désormais calculés en fonction de l’état des marchandises au moment de leur importation.
Les modalités des tarifs douaniers imposés au titre de l’article 232 sur l’acier, l’aluminium, le cuivre et leurs dérivés peuvent être complexes et ont souvent évolué. Les entreprises canadiennes qui exportent vers les États-Unis devraient consulter régulièrement un courtier en douane ou un avocat spécialisé en droit commercial afin de se tenir informées des derniers changements et, en consultation avec des conseillers qualifiés, explorer des moyens de réduire les risques et de profiter des opportunités pour bénéficier de tarifs douaniers réduits.
Demeurez informé des changements tarifaires
EDC comprend le fardeau qu’imposent ces tarifs sur les exportateurs canadiens d’acier, d’aluminium et de leurs produits dérivés. Nous nous engageons à vous fournir les renseignements et le soutien dont vous avez besoin pour relever ces défis.
Inscrivez-vous à un compte MonEDC gratuit afin d’accéder au Centre aide-export où vous trouverez des mises à jour approfondies et régulières sur les tarifs, réalisées par nos conseillers en commerce.
Les États-Unis sont, de loin, le principal marché d’exportation du Canada pour ce qui est de l’acier et de l’aluminium. Plus de 40 % de l’acier national et les deux tiers de la production canadienne d’aluminium sont exportés aux États-Unis. D’innombrables produits dérivés d’acier et d’aluminium traversent la frontière quotidiennement. Les principaux secteurs concernés, telle l’industrie automobile, ont été durement touchés. Le Canada est la principale source de fer et d’aluminium importés aux États-Unis.
Ce haut degré d’exposition signifie que les changements en matière de tarifs peuvent rapidement se répercuter sur les prix, les modalités des contrats et les projets de diversification.
« Ces tarifs ont un impact significatif sur le commerce », affirme David Weiner, vice-président régional, États-Unis, à EDC.
Au sein du secteur, les exportateurs rapportent une incertitude accrue, des décisions d’achat plus réfléchies de la part des consommateurs et des demandes plus fréquentes pour obtenir des documents sur les tarifs et les prix au débarquement.
Les sociétés qui connaissent un ralentissement de leurs activités se livrent à des exercices d’optimisation des coûts, tout en demandant l’aide d’EDC dans des domaines comme la gestion du flux de trésorerie. Nombreuses sont celles qui élaborent également de nouveaux plans d’exportation et qui font appel à des outils de gestion des risques pour protéger leurs comptes clients.
Mike Brownhill, un directeur de comptes commerciaux à EDC qui s’occupe de la fabrication de pointe, particulièrement dans le secteur de l’automobile, indique que les entreprises consacrent des ressources aux questions tarifaires. Notamment, elles se familiarisent avec la classification et les codes du Système harmonisé (SH) tout en cherchant des solutions de contournement et des moyens de bénéficier d’exemptions tarifaires.
« Les entreprises se rendent compte de l’importance de consulter leurs courtiers en douane et savent qu’elles doivent se préoccuper davantage de la façon dont les codes sont attribués et leurs produits facturés, car une subtilité dans les codes tarifaires pourrait avoir d’importantes répercussions sur les frais à payer », souligne-t-il.
Lorsque les tarifs et les exigences de conformité bouleversent votre entreprise, il est avisé d’adopter une approche structurée visant à gérer les risques et à maintenir sa résilience. En fonction de votre modèle d’affaires, de votre gamme de produits et de vos relations avec vos consommateurs, voici quelques étapes à prendre en considération :
- Maintenez une communication étroite avec votre courtier en douane et votre avocat en droit du commerce. Alors que votre portée, les méthodologies d’évaluation et les exigences en matière de documents évoluent, même de petites différences dans la classification ou la facturation peuvent considérablement modifier le montant des droits que vous devrez payer. Vous pouvez communiquer avec un courtier en douane par l’entremise de la Société canadienne des courtiers en douane ou avec votre transitaire pour obtenir de l’aide.
- Comparez les listes publiées des codes SH touchés avec la classification de vos produits. Demandez à votre importateur étatsunien et à votre courtier en douane de vous aider à déterminer comment les entrées devraient être documentées et quels documents justificatifs sont exigés.
- Si les tarifs nuisent considérablement à vos coûts au débarquement, modifiez vos conditions commerciales. Cela peut comprendre de réviser vos Incoterms, vos clauses en matière de droits à payer, vos mécanismes d’ajustement des prix, vos surprimes et les périodes de validité de vos devis avec vos clients.
- Explorez les possibilités de diversifier vos exportations au-delà des États-Unis. Réduire le risque de concentration peut améliorer votre résilience si la demande fluctue.
- Si les commandes ralentissent ou si les délais de paiement s’allongent, évaluez les risques que cela pourrait poser sur votre flux de trésorerie et en cas de défaut de paiement. Évaluez les solutions de gestion des risques et de fonds de roulement, dont l’assurance crédit d’EDC.
- Explorez le Programme d’impact commercial d’EDC pour savoir comment nous déployons une capacité de cinq milliards de dollars supplémentaires sur deux ans en soutien aux entreprises admissibles grâce à une gamme de produits visant à vous aider à relever les défis économiques.
Renseignez-vous auprès d’associations de l’industrie, comme l’Association canadienne des producteurs d’acier et l’Association de l’aluminium du Canada. Elles peuvent vous offrir des mises à jour, un contexte d’intervention et des conseils pratiques sur les attentes en matière de documents ainsi que les retombées sur les marchés.
M. Weiner prédit que la volatilité sera à l’ordre du jour pour les exportateurs canadiens d’acier, d’aluminium et de produits dérivés. « On ne peut rien tenir pour acquis; les pays vont appliquer des tarifs douaniers et exercer des représailles partout, tout le temps », dit-il, ajoutant qu’il est important d’être souple et de chercher des débouchés. « Je pense que les entreprises peuvent s’adapter à n’importe quel scénario, qu’il leur plaise ou non, mais il faut qu’il soit prévisible. La chose la plus difficile dans le contexte actuel est que rien n’est prévisible. »
Selon M. Weiner, face à l’incertitude, les entreprises doivent continuer à investir dans leurs relations d’affaires pour pouvoir faire avancer les choses.
« Cela prend du temps de tisser des relations solides avec des fournisseurs et des clients. Les exportateurs canadiens doivent voir à long terme et éviter de mettre ces partenariats en péril sur la base d’enjeux à court terme. Soyez transparent : communiquez vos réalités immédiates tout comme vos objectifs à long terme », explique-t-il. « Cette ouverture renforce la confiance. Au bout du compte, des relations durables s’ancrent dans une valeur constante, une croissance commune et des avantages mutuels. Parallèlement, EDC peut aider les exportateurs à composer avec l’incertitude et à gérer les risques plus efficacement. Ainsi, vous pouvez concentrer vos efforts à entretenir ces relations. »
À EDC, nous comprenons les complexités du commerce international et nous sommes là pour vous aider à surmonter ces obstacles. Grâce aux connaissances de nos experts, à notre expertise en gestion des risques et à nos solutions financières, vous pouvez canaliser votre énergie dans la croissance de votre entreprise en toute assurance.
En réaction à la hausse des défis mondiaux, EDC a lancé, en mars 2025, le Programme d’impact commercial, qui déploie jusqu’à 5 milliards de dollars sur deux ans par l’entremise d’un vaste éventail de solutions. Dans sa première année, le Programme a déployé 2,1 milliards de dollars en soutien de quelque 800 entreprises canadiennes confrontées aux tarifs douaniers, aux dynamiques de marché changeantes et à l’incertitude constante des marchés.
Le 4 mai 2026, le gouvernement du Canada a annoncé un soutien de 1,5 milliard de dollars pour pallier les tarifs, dont le Programme de soutien aux industries de l’acier et de l’aluminium de la BDC pour les fabricants et les exportateurs de produits faits en acier, en aluminium ou en cuivre. Le gouvernement s’est aussi engagé à fournir un montant supplémentaire de 500 millions de dollars pour soutenir les entreprises touchées par les tarifs dans tous les secteurs de notre économie.
Si vous êtes un exportateur canadien admissible, ou une entreprise qui fournit des produits à des exportateurs, voici d’autres façons dont EDC peut vous aider :
- Exportez en toute confiance : L’assurance crédit commerciale d’EDC vous protège contre les pertes en cas de non-paiement de votre acheteur à l’étranger.
- Gérez les fluctuations des devises : Nous offrons des solutions qui atténuent les risques associés à la variabilité des taux de change en stabilisant vos coûts et en protégeant vos marges bénéficiaires contre les fluctuations défavorables des devises.
- Accédez à un fonds de roulement accru : Les garanties d’EDC soulagent votre institution financière d’une partie du risque, ce qui vous permet d’accéder à plus de financement pour gérer les difficultés liées aux flux de trésorerie et accélérer vos activités.
- Facilitez votre expansion mondiale : Les solutions de financement d’EDC vous permettent d’accroître votre capacité en matière d’échanges commerciaux, d’étendre votre présence sur différents marchés ou d’acquérir une entreprise étrangère.
Allez jeter un coup d’œil au nouveau centre de renseignements sur le marché américain d’EDC pour obtenir les données les plus récentes et les connaissances qui vous permettront de naviguer sur le plus grand marché d’exportation du Canada. La liste de vérification des exportateurs pour réduire le risque tarifaire d’EDC présente les mesures à prendre pour surmonter l’incertitude liée aux tarifs.
Pour communiquer avec un conseiller en exportation, inscrivez-vous à notre Centre aide-export.
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FAQ : Comment surmonter les défis liés aux tarifs douaniers et à l’exportation
Habituellement, non. L’importateur attitré aux États-Unis paye les droits en vertu de l’article 232 aux douanes américaines. Par contre, les exportateurs en ressentent souvent les effets lorsqu’ils doivent modifier leurs prix, réduire leurs volumes, retarder leurs envois ou constater une multiplication des demandes de documents afin de soutenir l’entrée des produits sur le marché de l’importateur. Nous vous conseillons de traiter les tarifs comme des risques commerciaux et opérationnels que vous devez gérer avec votre client américain.
Commencez avec le code SH pour les produits que vous exportez, puis confirmez s’il apparaît dans la couverture actuelle de l’article 232 (y compris toute liste de produits dérivés/en aval). Si vous n’êtes pas certain, demandez au courtier en douane de votre client américain qu’il confirme la classification et l’applicabilité avant de faire votre devis ou d’expédier les produits — même des différences minimes dans les codes peuvent modifier l’exposition aux droits.
Non. Les mesures réciproques du Canada ne réduisent pas les droits de l’article 232 facturés à la frontière. Elles sont tout de même importantes pour les exportateurs si vous importez au Canada des intrants américains visés par ces mesures, parce qu’elles peuvent augmenter les coûts et réduire vos marges. Vous devez tenir compte des contre-mesures potentielles dans votre approvisionnement, votre tarification et vos contrats avec des clients américains.