OPEP+ et croissance économique mondiale
À l’heure où le plus grand cartel pétrolier de la planète, l’OPEP+, commence à rouvrir les vannes et à accroître l’offre sur le marché (en partie sous la pression des autorités américaines) et où la croissance économique mondiale marque le pas, les fondamentaux du marché viendront davantage compliquer la tâche des producteurs américains désirant augmenter leurs dépenses d’investissement. À moyen et à long termes, on s’attend à ce que les progrès technologiques et l’électrification grandissante de nos économies améliorent l’efficacité énergétique et réduisent considérablement l’énergie nécessaire pour produire le même extrant.
Autre élément à considérer : les contraintes géologiques posent un défi de taille alors que les réserves pétrolières mondiales s’amenuisent. Depuis la révolution du gaz de schiste lancée vers 2008, la production américaine suit une tendance résolument positive. En 2024, la production américaine totale a atteint le nombre record de 13,2 millions de barils par jour, ce qui a hissé les États-Unis au rang de premier producteur du globe. Sur ce marché, plus de 65 % de la production provient de réservoirs de formations étanches. Toutefois, il s’agit d’une ressource limitée, et le boum d’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis, qui persiste depuis près de deux décennies, tirera bientôt à sa fin.
Si certains experts de l’industrie affirment que la production américaine de gaz de schiste américain a stagné l’an dernier, l’agence gouvernementale américaine Energy Information Administration (EIA) s’attend à ce que la production de brut aux États-Unis culmine à environ 14 millions de barils par jour en 2027, soit en deçà de la cible de 16 millions de barils par jour établi par le secrétaire Bessent. Par la suite, la production devrait progressivement diminuer pour s’établir à environ 12 millions de barils par jour d’ici 2040. Étant donné que les réserves pétrolières les plus accessibles sont d’ores et déjà épuisées, l’extraction des autres ressources se révélera une entreprise de plus en plus ardue et coûteuse. Il y a fort à parier qu'il sera alors plus difficile de réaliser la vision du président Trump et d’atteindre la cible définie par le secrétaire Bessent.