En l’absence d’un pipeline transcanadien, le pétrole de l’Ouest du Canada serait transporté vers l’Europe par plusieurs pipelines ou par rail, avant de traverser l’Atlantique par navires-citernes. Par ailleurs, pour exporter notre gaz naturel en Europe, il faudrait le transporter en passant par les États-Unis – ce qui serait un processus coûteux –, ou encore le vendre sur le marché américain à un cours moins élevé afin de permettre l’exportation de stocks américains supplémentaires vers le vieux continent.
À moyen terme, le Canada serait sans doute en mesure d’exporter plus de pétrole de Terre-Neuve-et-Labrador vers l’Europe, tout en respectant ses engagements climatiques. Trois projets pétroliers sur la côte Est devraient, à terme, ajouter 292 000 barils par jour d’ici 2028. Les projets en mer offrent un cours plus avantageux que celui du Western Canadian Select, et procurent un cours seuil de rentabilité plus faible. Un autre élément serait à considérer: la production pétrolière à Terre-Neuve-et-Labrador génère, en moyenne, moins d’émissions par rapport à d’autres projets d’exploitation en mer à l’étranger.
Approvisionner l’Europe en gaz naturel exigerait d’investir dans des installations de GNL sur la côte Est afin de liquéfier le gaz naturel et le transporter par navire. Cette opération nécessiterait du temps et de l’argent, ainsi que la promesse de la signature de contrats d’achat à long terme. De plus, il faudrait sans doute construire de nouveaux terminaux pour stocker l’hydrogène vert, et tracer ainsi la voie vers un avenir où il sera possible d’exporter l’hydrogène vert sous la forme d’ammoniaque.
Conclusion?
À court terme, la capacité du Canada à bonifier son offre de pétrole et de gaz naturel à l’Europe sera limitée par nos infrastructures d’exportation et nos capacités de production. Toutefois, à moyen terme, le Canada pourrait accroître son approvisionnement, à condition de faire les investissements qui s’imposent. Même dans ce cas, l’offre canadienne ne rivaliserait probablement pas avec celle d’autres producteurs disposant d’abondantes capacités, comme l’OPEP+ et les États-Unis.
Nos plus sincères remerciements à Zhenzhen Ye, analyste des risques politiques du Centre d’information économique et politique d’EDC, pour sa contribution à la présente édition.
Les Services économiques d’EDC vous invitent à leur faire part de vos commentaires. Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer (Economics@edc.ca) et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future du Propos.