Les aliments biologiques continuent de gagner en popularité dans la région de l’Indo-Pacifique, la demande étant stimulée par la croissance démographique, les revenus plus élevés et l’adoption d’habitudes alimentaires plus saines par les consommateurs. Selon un récent rapport de Market Data Forecast (en anglais), le marché des aliments biologiques dans cette partie du monde devrait atteindre 95,9 milliards de dollars américains d’ici 2029, soit près du double de la taille du marché en 2024.
Un autre rapport, cette fois-ci de Grandview Research (en anglais), indique que le marché des noix et des graines comestibles biologiques en Asie-Pacifique, qui a généré 8,33 milliards de dollars américains de revenus en 2023, devrait se chiffrer à 19 milliards de dollars américains d’ici 2030.
Cet intérêt grandissant pour les aliments biologiques, conjugué à la multiplication des ententes d’équivalence relatives aux produits biologiques entre le Canada et certains marchés de cette région, se traduit par des débouchés encore plus importants pour les producteurs et les transformateurs canadiens d’aliments biologiques.
En 2022, ces entreprises ont exporté au total 554 millions de dollars en fruits, légumes et aliments transformés biologiques, en hausse par rapport au montant de 417 millions de dollars pour l’année précédente, selon l’Association pour le commerce biologique du Canada (ACPB) (lien en anglais).
« La région de l’Indo-Pacifique représente l’un des marchés à la croissance la plus rapide pour les exportations d’aliments biologiques du Canada, la croissance étant portée par un certain nombre de facteurs, notamment une sensibilisation accrue aux options d’aliments sains et plus écologiques, des préoccupations croissantes à l’égard des pesticides, une hausse des revenus et un bassin grandissant de consommateurs plus jeunes et mieux informés », affirme Peter Ng, directeur, Commerce international, Indo-Pacifique à Exportation et développement Canada (EDC).
« Les ententes d’équivalence relatives aux produits biologiques ont facilité l’entrée des exportateurs canadiens de produits biologiques sur ces marchés », explique M. Ng.

Qu’est-ce qu’une entente d’équivalence relative aux produits biologiques?
Les accords d’équivalence concernant les produits biologiques sont des ententes commerciales entre des marchés qui reconnaissent la réglementation de chacun relativement aux aliments biologiques et leurs normes comme étant équivalentes. Cela permet aux produits qui ont été certifiés biologiques dans l’un des pays d’être vendu en tant qu’aliment biologique dans l’autre pays sans certification additionnelle. Pour les exportateurs, ces ententes réduisent les coûts, abaissent les barrières commerciales et simplifient les processus d’exportation.
Les neuf ententes d’équivalence relatives aux produits biologiques du Canada
En 2025, le Canada dispose de neuf ententes d’équivalence relatives aux produits biologiques, dont trois dans la région de l’Indo-Pacifique :
- Accord sur l’équivalence des produits biologiques conclu entre le Canada et le Costa Rica
- Accord sur l’équivalence des produits biologiques entre le Canada et le Mexique (AEPBCM)
- Accord sur l’équivalence des produits biologiques conclu entre le Canada et la Corée du Sud
- Accord sur l’équivalence des produits biologiques du Canada et de la Suisse
- Accord sur l’équivalence des produits biologiques entre le Canada et Taïwan (AEPBCT)
- Entente d’équivalence biologique entre l’Union européenne et le Canada (EEBUEC)
- Accord sur l’équivalence des produits biologiques conclu entre le Canada et le Japon
- Entente d’équivalence biologique entre le Royaume-Uni et le Canada (EEBRUC)
- Accord sur l’équivalence des produits biologiques entre le Canada et les États-Unis
L’entente avec le Japon a été la première conclue dans la région de l’Indo-Pacifique, en 2014, suivie par Taïwan en 2020 et la Corée du Sud en 2023.
Tia Loftsgard, directrice générale de ACPB, soutient qu’il est important pour les entreprises canadiennes du secteur des aliments biologiques de comprendre toutes les modalités de chaque entente, particulièrement en ce qui concerne les produits auxquels elle s’applique (ou non). Par exemple, certaines ententes s’appliquent à tous les produits biologiques, transformés ou non, tandis que d’autres ne visent que des catégories précises ou interdisent certaines pratiques permises selon les normes biologiques d’un partenaire commercial.
Certains accords d’équivalence sur les produits biologiques comprennent des « écarts critiques » qui concernent des différences significatives entre les normes des pays participants ou les exigences réglementaires des deux pays. Ces écarts sont d’une grande importance parce qu’elles préviennent une correspondance parfaite entre les normes, explique Tia Loftsgard.
L’entente avec le Japon donne aux exportateurs canadiens de produits biologiques un accès au pays du Soleil-Levant
Le Japon est un solide partenaire commercial de longue date pour le Canada, avec un secteur des aliments biologiques bien établi et une industrie de l’épicerie de détail évaluée à 198 milliards de dollars américains en 2023, selon un rapport du ministère de l’Agriculture des États-Unis. Le paysage du commerce de détail du pays évolue, remarque M. Ng, en raison de la croissance des ventes en ligne et de l’offre d’aliments biologiques par les grands détaillants.
« Le marché japonais offre d’énormes possibilités, mais la marque et l’assurance de la qualité sont essentielles, mentionne-t-il. Les produits biologiques canadiens se distinguent par leur qualité supérieure, mais ils doivent correspondre aux préférences locales pour réussir. »
L’Accord sur l’équivalence des produits biologiques conclu entre le Canada et le Japon en 2014 est le plus ancien en Indo-Pacifique. Il a facilité l’exportation harmonieuse de produits biologiques canadiens et il est régulièrement mis à jour pour englober davantage de produits. Par exemple, il a été récemment révisé pour inclure la viande biologique et les boissons alcoolisées comme le vin biologique.
Principales caractéristiques de l’Accord :
- Son vaste champ d’application couvre les fruits et légumes frais, les aliments biologiques transformés, le bétail et la viande biologiques ainsi que les boissons alcoolisées biologiques.
- Les produits biologiques canadiens certifiés en vertu du Régime Bio-Canada (RBC) peuvent être vendus au Japon en tant que produits biologiques sans certification supplémentaire.
- Le Canada doit s’assurer que les produits certifiés sont conformes aux normes agricoles japonaises.
L’AEPBCT facilite les exportations canadiennes de produits alimentaires biologiques vers Taïwan
Les consommateurs taïwanais accordent la priorité à la salubrité et à la provenance des aliments, faisant de la réputation du Canada en matière d’aliments propres et de grande qualité un argument de vente majeur. Selon l’USDA, le marché de détail des aliments et des boissons (lien en anglais) de Taïwan a généré 9,8 milliards de dollars américains de ventes en 2023. Les consommateurs taïwanais sont de plus en plus soucieux de leur santé, indique le rapport, et ils « ont tendance à être moins préoccupés par le coût lorsqu’ils achètent des aliments naturels et biologiques ».
Le taux d’urbanisation élevé de Taïwan et l’expansion de sa classe moyenne présentent un potentiel considérable pour les produits emballés, les repas prêts-à-manger et les collations biologiques. Mais l’étiquetage et la conformité à la certification demeurent essentiels pour réussir l’entrée sur le marché dans cette économie axée sur les exportations, déclare Mme Loftsgard.
Signé en 2020, l’Accord sur l’équivalence des produits biologiques entre le Canada et Taïwan (AEPBCT) est l’une des ententes d’équivalence les plus complètes du Canada, couvrant une large gamme de produits. Ce vaste champ d’application offre un avantage concurrentiel par rapport à d’autres marchés où les catégories de produits biologiques sont plus restreintes.
Principales caractéristiques de l’AEPBCT :
- Il couvre les aliments biologiques transformés et frais, le bétail et la viande biologiques, de même que les produits aquacoles biologiques comme le poisson et les fruits de mer.
- Les produits biologiques canadiens certifiés en vertu du RBC peuvent être étiquetés et vendus comme biologiques à Taïwan sans certification supplémentaire. Les produits taïwanais certifiés biologiques en vertu de la réglementation de Taïwan sont aussi reconnus au Canada.
- L’AEPBCT exige des tests rigoureux de résidus chimiques et des résultats conformes. Pour respecter les normes très strictes de Taïwan en matière de salubrité des aliments, les exportateurs canadiens doivent s’assurer que les résultats des analyses de résidus sont conformes aux seuils établis par Taïwan avant l’expédition.
- Ce sont les importateurs (et non les exportateurs) qui sont tenus légalement de s’assurer du respect des seuils relatifs aux résidus. Ils risquent de perdre leur statut d’importateurs s’il s’avère que les produits dépassent les limites maximales permises.
- Les produits biologiques doivent respecter les réglementations en matière d’étiquetage de Taïwan. Ainsi, les emballages doivent être en mandarin et en anglais et le logo de certification biologique taïwanais doit s’y retrouver, même pour les produits certifiés en vertu du RBC.
L’entente entre le Canada et la Corée du Sud ouvre la porte aux exportations canadiennes d’aliments biologiques vers ce pays
Le secteur des aliments biologiques de la Corée du Sud continue de se développer alors que les consommateurs se tournent vers des options alimentaires plus saines et de haute qualité. Le vieillissement de la population du pays, son revenu élevé par habitant et l’importance grandissante accordée à la salubrité des aliments en font un marché attrayant pour les produits biologiques canadiens.
En 2023, la Corée du Sud (la 13e économie mondiale) a importé environ 20,1 milliards de dollars américains (lien en anglais) de produits agricoles destinés à la consommation, selon l’USDA.
« Les produits biologiques canadiens jouissent d’une très bonne réputation en Corée du Sud, mais il y a encore beaucoup de place pour la croissance », affirme Joy Rankothge, représentant en chef d’EDC pour la Corée du Sud. « L’accord sur l’équivalence élimine une barrière commerciale majeure et devrait encourager davantage d’exportateurs à s’implanter sur le marché. »
Bien que les Sud-Coréens bénéficient d’un revenu par habitant relativement plus élevé, ils ont tendance à être attentifs au prix, poursuit M. Rankothge.
« Le prix doit être juste et lorsqu’un produit est plus coûteux, il doit y avoir une bonne raison à cela, explique-t-il. Dans le cas des aliments biologiques canadiens, le simple fait qu’ils soient canadiens serait considéré, par de nombreux Sud-Coréens, comme une raison convaincante de les acheter. Mais la qualité doit également être au rendez-vous. »
L’Accord sur l’équivalence des produits biologiques conclu entre le Canada et la Corée du Sud, signé en 2023, permet aux aliments transformés biologiques canadiens d’entrer sur le marché sans certification supplémentaire. Or, les produits biologiques frais nécessitent toujours une certification sud-coréenne, situation qui contribue à créer une zone d’expansion potentielle à l’avenir.
Principales caractéristiques de l’Accord :
- La portée de l’accord est limitée, comparativement aux accords avec le Japon et Taïwan : elle ne couvre que les produits biologiques transformés et exclut les produits d’aquaculture.
- Les fruits et légumes frais et les produits de base biologiques en vrac comme le blé et les céréales doivent toujours être certifiés en vertu des normes coréennes.
- Les autorités coréennes imposent des exigences strictes en matière d’étiquetage, d’emballage et de contrôle des résidus.
Relever les défis de l’exportation de produits biologiques
Bien que les ententes d’équivalence du Canada relatives aux produits biologiques simplifient les échanges commerciaux, certains défis demeurent. Les différences réglementaires peuvent ajouter un niveau de complexité pour les exportateurs canadiens de produits alimentaires. En Corée du Sud, par exemple, les étiquettes doivent respecter des formats précis pour les dates de péremption.
Moonho Lee, coordonnateur des activités d’EDC en Corée du Sud, affirme que les consommateurs de ce pays accordent une grande importance à la façon dont les produits sont conçus et emballés. Lorsqu’ils magasinent des aliments biologiques, ils s’attendent à ce que l’emballage reflète les caractéristiques recherchées, soit une qualité supérieure et des ingrédients écologiques.
En Corée du Sud et au Japon, la présence prédominante d’intermédiaires, comme les distributeurs et les agents, pose un autre défi. Il peut être difficile de contourner cette étape, en grande partie parce que la majorité des entreprises de ces pays préfère traiter avec des partenaires sur place.
Les exportateurs canadiens peuvent surmonter cet obstacle en vendant leurs produits par l’intermédiaire d’un distributeur canadien ayant des liens établis avec les marchés locaux, mentionne M. Rankothge.
« Ou encore, si vous vendez déjà à un détaillant au Canada ou aux États-Unis qui est présent dans votre marché cible de l’Indo-Pacifique, songez à exporter vos produits par l’entremise de ce détaillant », explique-t-il, ajoutant « c’est également une bonne idée pour les exportateurs canadiens de participer à des missions commerciales et à des salons alimentaires, en particulier ceux qui misent sur leurs marchés cibles. »
Pour ceux qui sont intéressés à la Corée du Sud, par exemple, la foire annuelle Seoul Food and Hotel offre des possibilités de rencontrer des acheteurs et des partenaires potentiels.
Comment les exportateurs canadiens d’aliments biologiques peuvent-ils différencier leurs produits?
M. Ng affirme que les exportateurs canadiens d’aliments biologiques qui cherchent à vendre en Indo-Pacifique doivent également faire face à la vive concurrence provenant des autres pays.
- Les États-Unis et l’Australie, qui ont des accords commerciaux de longue date dans la région, sont leurs principaux concurrents.
- Au Japon, les aliments biologiques européens, en particulier en provenance de France et d’Allemagne, sont depuis longtemps les favoris des consommateurs.
« Les entreprises canadiennes doivent se démarquer au moyen de l’image de marque et de l’intégrité de l’appellation biologique, de même qu’en tirant parti de partenariats avec les principaux détaillants japonais, déclare M. Ng. Plus important encore, elles doivent être bien informées sur l’environnement commercial, réglementaire et culturel dans les pays où elles cherchent à exporter. »
EDC, le SDC et l’ACPB peuvent aider les exportateurs canadiens de produits agroalimentaires à saisir des occasions dans le secteur des aliments biologiques
De nombreuses entreprises canadiennes travaillent en étroite collaboration avec EDC, afin que nos spécialistes sur le terrain et notre vaste réseau local puissent fournir des perspectives sur les marchés et établir des contacts avec les bonnes personnes. EDC fait partie de l’écosystème d’experts en commerce du gouvernement du Canada, dirigé par le Service des délégués commerciaux (SDC) qui peut aider les exportateurs canadiens à épargner du temps, à en apprendre plus sur leurs marchés cibles et à trouver le capital dont ils ont besoin pour croître.
Au Japon, le SDC possède une équipe d’environ 50 professionnels basés à Tokyo, à Sapporo et à Osaka. Les gouvernements de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec et de la Saskatchewan ont également des bureaux commerciaux au Japon. L’Alberta, la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec ont aussi des équipes de promotion sur le terrain en Corée du Sud pour aider les exportateurs canadiens.
Taste of Nature, une entreprise de Markham, en Ontario, a percé avec succès les marchés étatsunien, européen et asiatique en tirant parti de la connaissance des marchés et de l’expertise d’EDC en matière de financement du commerce international et de gestion des risques.
EDC a également organisé des rencontres entre Taste of Nature et certains acteurs locaux, notamment des acheteurs, des partenaires, des distributeurs et des parties prenantes des canaux de commerce électronique. Notre assurance crédit a fourni une protection pour les activités de vente mondiales de l’entreprise.
L’ACPB est une autre ressource essentielle pour les exportateurs canadiens d’aliments biologiques. En plus de fournir des conseils sur l’exportation et de présider le comité technique concernant les accords d’équivalence, l’ACPB connaît les marchés émergents ou potentiels pour les aliments biologiques. L’organisme sans but lucratif d’Ottawa travaille en étroite collaboration avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour déterminer avec quels pays nous devrions conclure des ententes d’équivalence, ainsi que les écarts critiques requis pour assurer des possibilités équitables pour les exportateurs canadiens.
« Chaque année, nous avons des échanges avec l’ACIA. Nous partageons le point de vue de l’industrie sur les marchés qui cadrent avec les visées des exportateurs canadiens d’aliments biologiques et les marchés qui pourraient être trop petits pour être pris en compte, explique Mme Loftsgard. En fin de compte, l’objectif est de nous assurer que nous trouvons des marchés d’exportation viables pour les aliments biologiques canadiens. »
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