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Stuart Bergman

La confiance commerciale s’accroît et les exportateurs s’adaptent

Le commerce international traverse une période de changements importants, les nouveaux tarifs douaniers et les nouvelles barrières commerciales refaçonnant l’environnement opérationnel des exportateurs du monde entier. Dans ce contexte d’incertitude accrue, le sondage semestriel de l’indice de confiance commerciale (ICC) mené par Exportation et développement Canada (EDC) offre un aperçu opportun de la façon dont les exportateurs canadiens composent avec les conditions commerciales en constante évolution.

L’ICC est une mesure composite qui brosse un portrait du point de vue des exportateurs sur les conditions économiques futures ici et dans le monde, sur les occasions d’affaires à l’étranger et sur les ventes à l’exportation et au pays. Au-delà de l’indice global, le sondage met en lumière les principaux défis auxquels les exportateurs sont confrontés, leurs attentes relativement aux six prochains mois et la manière dont ils adaptent leurs stratégies internationales aux conditions actuelles. Dans l’ensemble, l’ICC fournit un aperçu prospectif de la confiance des exportateurs, mettant en évidence à la fois la résilience et les sources de préoccupation à l’échelle de la communauté d’exportateurs du Canada.

L’indice de confiance commerciale rebondit, mais reste inférieur à la moyenne à long terme

Le plus récent sondage de l’ICC s’est conclu au début de 2026, captant la confiance des exportateurs à un moment où les nouvelles annonces tarifaires décuplaient l’incertitude entourant les règles du commerce international et l’accès aux marchés.

Dans cette ronde de sondage, l’ICC global a rebondi par rapport au creux historique de mi-année, augmentant de quatre points pour atteindre 69,7. Malgré cette amélioration, l’indice demeure inférieur à sa moyenne à long terme de 72,4, calculée sur les 27 années écoulées depuis qu’EDC a commencé à réaliser le sondage.

Bien que la hausse indique des signes précoces de stabilisation, il serait prématuré d’interpréter ce mouvement comme une reprise soutenue. Plutôt que de signaler un regain d’optimisme, les résultats semblent suggérer que les exportateurs s’adaptent à un environnement plus incertain et plus volatil. La confiance liée à la conjoncture économique nationale et mondiale continue d’accuser du retard par rapport aux autres composantes de la confiance commerciale. En revanche, les attentes concernant les exportations et les ventes au pays ont été plus solides au cours de ce cycle, reflétant des perspectives plus positives dans les domaines où les exportateurs conservent un plus grand contrôle sur les résultats.

Diversification et investissements prudents façonnent les stratégies des exportateurs

En réponse à l’incertitude persistante, la diversification demeure une stratégie clé pour les exportateurs canadiens. Près des deux tiers (65 %) des exportateurs interrogés prévoient pénétrer de nouveaux marchés au cours des deux prochaines années. La diversification semble également être un outil important d’atténuation des risques : les exportateurs ayant une plus grande exposition aux marchés ont déclaré avoir une confiance commerciale plus élevée par rapport à ceux qui se concentraient exclusivement sur les États-Unis.

Les exportateurs abordent la diversification de manière délibérée et mesurée. Plutôt que de se développer rapidement, les entreprises accordent la priorité à la validation de la demande, à l’établissement de relations et à l’évaluation minutieuse des nouvelles occasions d’affaires. Parmi les approches privilégiées, notons la participation à des salons commerciaux internationaux et à des expositions virtuelles (35 %), le recours à de nouveaux fournisseurs ou partenaires (34 %) et l’embauche de représentants ou distributeurs locaux (32 %).

Les États-Unis demeurent une destination d’exportation dominante (plus de 75 % des répondants exportent actuellement vers ce pays), et l’intérêt pour d’autres régions continue de grimper. L’Europe et l’Asie-Pacifique demeurent des cibles clés, 45 % des exportateurs expédiant actuellement des marchandises vers l’Europe et 30 % vers les marchés de l’Asie-Pacifique.

Pour l’avenir, 28 % prévoient de prendre de l’expansion dans les marchés européens au cours des deux prochaines années, tandis que 19 % s’attendent à pénétrer les marchés de l’Asie-Pacifique. En Europe, ce sont l’Allemagne (13 %), la France (12 %) et le Royaume-Uni (12 %) qui sont les pays les plus fréquemment cités comme destination à court terme. Dans la région de l’Asie-Pacifique, les exportateurs privilégient l’Australie (8 %), le Japon (7 %) et la Chine (7 %).

Au-delà des flux commerciaux, les investissements à l’international continuent de jouer un rôle important dans les stratégies mondiales des exportateurs. Près de 30 % de ceux-ci déclarent avoir des investissements à l’étranger et plus de la moitié (56 %) d’entre eux prévoient d’augmenter ces investissements au cours des six prochains mois. Les États-Unis, le Mexique, le Royaume-Uni, la Chine et l’Allemagne sont les principales destinations mentionnées.

Pour les exportateurs ayant déjà injecté des fonds à l’échelle mondiale, les activités comprennent l’ouverture de bureaux internationaux (48 %), l’établissement d’entrepôts (39 %), la création de coentreprises (28 %) et la construction d’installations à l’étranger (25 %). Ces investissements témoignent d’engagements à plus long terme envers les marchés mondiaux, même dans un contexte d’incertitude à court terme.

Les pressions financières et les barrières commerciales pèsent sur les exportateurs

Malgré ces rajustements stratégiques, les exportateurs canadiens continuent de faire face à d’importants défis financiers et non financiers. Les tarifs douaniers demeurent la préoccupation la plus fréquemment citée (30 %), suivis de près par la conjoncture économique mondiale (26 %). Les exportateurs rapportent également des difficultés à trouver des clients (24 %) et à trouver leurs repères dans des environnements politiques et commerciaux complexes (23 %).

L’incertitude croissante continue de faire pression sur les finances. Le tiers des exportateurs se disent préoccupés par l’augmentation de leurs dépenses d’entreprise (33 %), le maintien de la rentabilité (31 %) et la restriction des flux de trésorerie (30 %). Près d’un tiers (32 %) prévoient avoir besoin de financement au cours des deux prochaines années afin de soutenir leurs efforts de diversification. Les attentes concernant les conditions de financement restent également modérées : seulement 23 % pressentent une amélioration des modalités, tandis que 76 % s’attendent à ce que les conditions demeurent inchangées ou se détériorent.

Les accords de libre-échange (ALE) continuent d’influencer la prise de décisions des exportateurs, bien que des écarts subsistent au niveau de l’utilisation. Parmi les exportateurs admissibles, 29 % déclarent ne pas avoir recours aux accords en place, même si 69 % indiquent que les ALE influent sur leurs décisions commerciales. Environ 65 % des exportateurs admissibles font appel à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et 50 % à l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne. Ce ne sont que 24 % des exportateurs admissibles qui ont recours à l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). L’amélioration de leur connaissance et de leur utilisation des ALE demeure un levier important pour les exportateurs qui cherchent à gérer leur exposition aux tarifs douaniers et à réduire les risques liés au commerce.

Conclusion : la confiance des exportateurs s’adapte même si l’incertitude persiste

Dans l’ensemble, la confiance des exportateurs s’adapte à un environnement commercial mondial plus volatil. Bien que le climat se soit légèrement amélioré après son effondrement record, il reste en deçà des normes historiques. La diversification, l’investissement prudent et la gestion des risques sont au cœur des stratégies des exportateurs dans un contexte de pressions tarifaires et d’incertitude persistantes.

Nous tenons à remercier chaleureusement Prerna Sharma, économiste principale aux Services économiques d’EDC, et Jennifer Topping, gestionnaire, Équipe des renseignements sur les clients et les marchés, Groupe de l’expérience client pour leur contribution à la présente chronique.

N’oubliez pas que votre avis est très important pour les Services économiques d’EDC. Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer à l’adresse economics@edc.ca et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future.

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Date de modification : 2026-04-16