En ce qui a trait à la confiance en fonction des divers secteurs, l’amélioration la plus importante par rapport au dernier sondage a eu lieu dans l’infrastructure et l’environnement, sans doute en raison des initiatives d’énergie verte mises de l’avant par de nombreux gouvernements des pays développés. Ce secteur était suivi de l’industrie légère et de la filière des TIC.
La confiance a glissé dans un seul secteur : celui des industries extractives. Il s’agissait d’une deuxième contraction de suite, qui s’explique sans doute par une instabilité géopolitique moins forte, ce qui a aidé à stabiliser les marchés mondiaux de l’énergie et à faire redescendre les cours de leurs pics de l’été dernier. Comme on l’a indiqué dans nos Prévisions à l'exportation publiées le 1er juin, les perspectives pour les industries extractives se sont quelque peu assombries après deux ans d’une dynamique favorable des cours.
Malgré le regain d’optimisme, les entreprises déclarent devoir encore faire face à des défis de taille :
- près du tiers des répondants continuent de devoir surmonter des obstacles pour mettre en œuvre leurs stratégies d’exportation et d’investissement à l’international;
- plus de la moitié des entreprises interrogées affirment que leur production est toujours impactée par les problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement;
- l’inflation nuit aux activités de près des trois quarts des répondants, et la moitié s’attend à ce que les tensions sur les coûts persistent pendant plus d’un an.
L’augmentation soutenue et vigoureuse des taux d’intérêt, la volatilité ainsi engendrée sur les marchés des capitaux et la récente instabilité du secteur bancaire sont autant de rappels de la fragilité des perspectives. Les inquiétudes des acteurs du marché incitent les prêteurs à faire preuve d’une prudence encore plus grande, ce qui exerce des tensions, tout particulièrement sur les PME.
D’après le solde d’opinion, les répondants s’attendent de plus en plus à un maintien du resserrement des conditions financières. À ce propos, l’Enquête auprès des responsables de crédit réalisée par la Banque du Canada a rappelé que les conditions de prêt sont déjà à leur niveau le plus serré depuis le début de la pandémie.
Par ailleurs, les chiffres de l’emploi au Canada sont au beau fixe, et l’accès à la main-d’œuvre qualifiée continue d’être problématique pour les exportateurs. Une majorité convaincante de répondants nous disent avoir de la difficulté à trouver la main-d’œuvre qualifiée dont ils ont besoin, et subir des pressions croissantes pour bonifier encore plus les salaires. Fait digne de mention, le recrutement d’une main-d’oeuvre qualifiée est cité comme l’un des cinq plus grands défis par les répondants dans chacun des sondages menés depuis 2021.
Conclusion
L’amélioration de la confiance chez les exportateurs est une excellente nouvelle. Toutefois, malgré la hausse de l’indice pour notre sondage de mi-année par rapport à décembre 2022, la confiance reste inférieure aux niveaux historiques. Parallèlement, on a de bonnes raisons de s'attendre à une certaine morosité économique jusqu’à la fin de l’année et en 2024. L’effet retardé des hausses de taux d’intérêt et les conditions de crédit plus serrées ralentiront les moteurs de la croissance au cours des prochains trimestres, ce qui mettra la confiance des exportateurs encore plus à l’épreuve.
Nos sincères remerciements à Prerna Sharma, économiste principale au Service de recherche et d’analyse d’EDC, pour sa contribution à la présente édition.
Les Services économiques d’EDC vous invitent à leur faire part de vos commentaires. Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer à l’adresse economics@edc.ca et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future du Propos.