Pourquoi les entreprises d’ici devraient envisager les pays nordiques
Pour bien des exportateurs canadiens, les pays nordiques ne sont peut-être pas la première destination européenne qui vient en tête. Or, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède forment ensemble une économie d’environ 2 800 milliards de dollars, comparable en taille à certains des plus grands marchés du monde.
La relation commerciale entre le Canada et les pays nordiques repose sur une base solide. En 2025, le commerce bilatéral de marchandises entre le Canada et les pays nordiques totalisait plus de 15 milliards de dollars, dont 6,1 milliards de dollars avec la Suède, 3,8 milliards de dollars avec la Norvège, 2,9 milliards de dollars avec le Danemark, 2,4 milliards de dollars avec la Finlande et 271 millions de dollars avec l’Islande.
Pour les entreprises canadiennes qui souhaitent se diversifier au-delà des marchés traditionnels, les pays nordiques offrent stabilité, innovation et capacités industrielles spécialisées. La région est donc une passerelle potentielle vers les chaînes de valeur du marché européen. Les exportateurs canadiens bénéficient également d’un accès commercial préférentiel à la région grâce à l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, dont le Danemark, la Finlande et la Suède sont membres, ainsi que l’Accord de libre-échange entre le Canada et l’Association européenne de libre-échange (AELE), dont l’Islande et la Norvège sont membres.
Les pays nordiques : un pont vers les chaînes d’approvisionnement mondiales
La présence de ces pays au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales est disproportionnée par rapport à la taille de la région. Malgré une population combinée de seulement 28 millions d’habitants, les pays nordiques ont su se tailler une place de choix dans les secteurs des biotechnologies, des soins de santé, de l’énergie verte, de la fabrication de pointe, de l’expédition et des technologies numériques. C’est dans cette région que sont basés certains chefs de file mondiaux tels Maersk, Novo Nordisk, Ericsson, Nokia, IKEA et Atlas Copco.
De solides écosystèmes de recherche et une culture des affaires tournée vers l’avenir contribuent à faire de cette expertise un levier de développement commercial à l’échelle mondiale. La Suède, la Finlande et le Danemark se classent systématiquement parmi les 10 économies les plus novatrices au monde selon l’indice mondial de l’innovation — preuve de la vigueur de la région dans les technologies, la recherche et la commercialisation. Pour les exportateurs canadiens, l’intérêt ne réside donc pas seulement dans la vente aux consommateurs de ces pays, mais aussi dans la possibilité de collaborer avec des entreprises bien intégrées aux chaînes d’approvisionnement européennes et mondiales.
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Les minéraux critiques, porteurs de débouchés pour le commerce Canada-pays nordiques
Les minéraux critiques sont l’un des domaines les plus propices à une collaboration entre le Canada et les pays nordiques. Alors que la demande relative aux intrants utilisés dans les batteries, aux semi-conducteurs et aux technologies propres s’accroît, la Finlande, la Suède et la Norvège occupent une place croissante dans les efforts de l’Europe pour s’assurer un approvisionnement fiable.
Les pays nordiques accueillent 11 des 47 projets stratégiques approuvés en vertu de la législation sur les matières premières critiques de l’Union européenne, ce qui témoigne de l’importance croissante de la région dans les chaînes d’approvisionnement européennes en minéraux critiques.
Le Canada bénéficie de ressources abondantes, d’un écosystème minier bien établi et d’une excellente réputation en matière de pratiques commerciales responsables. Pour les exportateurs, les débouchés vont bien au-delà des matières premières, ils comprennent les technologies minières, les biens et services spécialisés et les solutions environnementales.
L’énergie verte, une manne pour les exportateurs canadiens
Les pays nordiques sont largement en avance sur le plan de la transition énergétique. En 2023, les énergies renouvelables ont fourni 61,6 % de la consommation d’énergie finale brute de la région, un taux bien supérieur au seuil de 42,5 % établi par l’Union européenne pour 2030. Chacun des pays nordiques a dépassé ce seuil en misant sur des atouts comme l’hydroélectricité, l’énergie géothermique, l’éolien et la bioénergie.
Selon BloombergNEF, le Canada a attiré quelque 35 milliards de dollars américains en investissements dans les énergies vertes et l’électrification en 2024, ce qui le place parmi les 10 destinations les plus prisées au monde pour l’investissement dans la transition énergétique. C’est grâce à cette expertise que les entreprises canadiennes sont en mesure de contribuer aux projets d’investissement des pays nordiques dans l’électrification, l’hydrogène, le stockage d’énergie et les infrastructures, y compris à l’aide de solutions de réseaux, de technologies d’efficacité énergétique et de services de décarbonation industrielle.
La défense et la sécurité de l’Arctique engendrent de nouveaux débouchés
Les dépenses en défense sont à la hausse au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède alors que l’écosystème de la sécurité se complexifie. L’OTAN estime que leurs dépenses combinées ont augmenté de près de 35 % entre 2024 et 2025, pour atteindre environ 56,4 milliards de dollars américains.
Le Canada et les pays nordiques consolident également leurs liens dans la filière de la défense et de la sécurité dans l’Arctique. Grâce au Pacte de collaboration sur les brise-glaces, le Canada, la Finlande et les États-Unis conçoivent, construisent et commercialisent des navires arctiques et polaires, dont des brise-glaces. Le partenariat porte sur la mise en commun de renseignements, le perfectionnement de la main-d’œuvre, la recherche et le développement, ainsi que sur la chaîne d’approvisionnement de la construction navale – de l’ingénierie jusqu’à l’équipement maritime, en passant par les systèmes et les logiciels.
La coopération entre le Canada et la Norvège engendre déjà des partenariats commerciaux. Un contrat de 9,6 millions de dollars a été accordé à Kongsberg Vanguard, une coentreprise formée d’Adaptive Marine Solutions (basée à Ottawa) et des entreprises norvégiennes Kongsberg Defence & Aerospace et Salt Ship Design, pour la conception des futurs navires multimissions semi-hauturiers de la Garde côtière canadienne.
En conclusion : petits marchés, mais grand potentiel d’exportation
Pris séparément, les pays nordiques sont relativement petits, mais ils forment ensemble un marché d’une taille appréciable et très développé. Leurs entreprises investissent dans des industries stratégiques et sont profondément intégrées dans les chaînes d’approvisionnement européennes et mondiales.
Pour les exportateurs canadiens qui mettent en œuvre leurs stratégies de diversification, les débouchés les plus clairs se trouvent dans les secteurs des minéraux critiques, des technologies propres, des infrastructures énergétiques, de la défense, et des solutions liées à l’Arctique. La clé est d’aborder les pays nordiques pas simplement comme cinq marchés de destination finaux, mais comme des partenaires tournés vers l’innovation ainsi que des points d’entrée potentiels dans les chaînes de valeur européennes. Exportation et développement Canada (EDC) étend également sa présence dans la région en ouvrant une nouvelle représentation à Stockholm, en Suède, pour aider les exportateurs canadiens à se diversifier, à saisir de nouvelles occasions d’affaires et à renforcer leurs liens commerciaux.
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