On s’attend à ce que ces retombées provoquent un effet d’entraînement partout dans le monde et à ce que les prévisions économiques de nombreux pays soient revues à la hausse, notamment celles du Canada, qui passeraient à 5,5 %, soit une augmentation de 0,9 point de pourcentage. Selon M. Hall, l’opinion des prévisionnistes est claire : malgré les politiques en faveur de l’achat américain, les retombées devraient stimuler l’économie mondiale. Il ajoute qu’il s’agit de la nouvelle la plus positive en matière d’économie mondiale à être annoncée depuis le début de la pandémie.
Il y a des occasions à saisir, mais des obstacles demeurent. Ainsi, lors de mes nombreuses conversations avec des exportateurs canadiens, j’ai constaté leur principale préoccupation : la restriction des déplacements et des passages frontaliers. Le désir de créer des chaînes d’approvisionnement durables se fait sentir dans tous les secteurs. Nos clients – les fournisseurs des équipementiers, par exemple – nous disent avoir du mal à développer leur entreprise en raison des restrictions physiques qui les empêchent d’aller installer une pièce d’équipement ou de vérifier une installation. Par exemple, la production dans le secteur automobile a été perturbée et, dans certains cas, arrêtée lorsqu’il manquait des pièces ou des puces en raison de contraintes d’approvisionnement.
Autre motif de préoccupation : les dispositions Buy America et Buy American. Aux États-Unis, la valeur des marchés publics est estimée à 1 200 milliards de dollars américains par année, dont environ 15 milliards (1,3 %) sont attribués à des entreprises canadiennes. Nombre d’exportateurs d’ici s’inquiètent d’un possible changement dans l’octroi des marchés publics aux États-Unis, craignant que l’on privilégie uniquement les fournisseurs de là-bas. Comme ce phénomène est lié aux politiques en faveur de l’achat américain, il pourrait aussi toucher les consommateurs.
Par ailleurs, les entreprises d’ici doivent se renseigner sur les subtilités de la politique Buy America du président Biden. Dans certains cas, un fournisseur canadien peut être exempté de certaines dispositions, mais encore faut-il le savoir et, parfois, en informer son homologue aux États-Unis. Ne prenez pas tout au pied de la lettre; vous trouverez peut-être une porte de sortie pour votre entreprise. Quant aux entreprises qui se préparent à percer le marché, elles doivent connaître à fond l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) et apprendre à en tirer avantage.
Or comme l’emploi est de nouveau en hausse aux États-Unis et que les consommateurs accumulent des liquidités en raison de la pandémie, les experts financiers s’attendent à ce que les exportations reprennent de plus belle en un rien de temps. Impossible que les États-Unis n’aient pas besoin de s’approvisionner à l’étranger – surtout pour les projets d’infrastructures, si on pense aux municipalités qui veulent commencer à réparer les routes et les ponts. L’économie repart de plus belle, et les exportateurs canadiens doivent être prêts.
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