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Stuart Bergman

Infrastructure en Afrique de l’Ouest : notre expertise en renfort

Dans sa plus récente parution des Perspectives de l’économie mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance vigoureuse en Afrique subsaharienne cette année, qui sera tirée par la fermeté de la demande intérieure, la détente de l'inflation et la poursuite des réformes structurelles. Malgré des perspectives inégales à l'ensemble du continent, l'Afrique de l'Ouest – soit la zone côtière s'étendant du Sénégal au Nigéria – demeure l’une des principales dynamos de l’activité dans la région, riche en débouchés pour les entreprises canadiennes bien établies.

La croissance démographique en Afrique de l’Ouest accentue le besoin de se doter d’infrastructures

La rapide croissance démographique et l'urbanisation accélérée stimulent la demande pour le développement de réseaux d'infrastructure en Afrique occidentale. La population de la région devrait passer d’environ 382 millions à plus de 460 millions d’habitants d’ici 2036, une hausse de plus de 20 %. Au fur et à mesure que les villes accueillent cette population grandissante, les ménages et les entreprises devront pouvoir compter sur des sources en électricité fiables, des réseaux de transport efficaces, des infrastructures d’alimentation en eau potable et des réseaux numériques modernes.

Pour répondre à ces impératifs, cette partie du continent africain devra rehausser son potentiel de production. Par ailleurs, le bassin croissant de travailleurs et la montée en puissance de la classe moyenne contribueront à redéfinir les habitudes de consommation. Ces forces redessinent le paysage économique de l’Afrique de l’Ouest et font ressortir l’urgence de faire des investissements, que peu de gouvernements de la région sont par ailleurs en mesure de faire.

Les secteurs d’investissement prioritaires pour les infrastructures : le transport, l’énergie et les mines

Les demandes adressées aux divers pans de l’économie se font de plus en plus pressantes. De fait, les acteurs dans le transport, la logistique, les ports, les corridors terrestres et les réseaux frontaliers mettent les bouchés doubles pour satisfaire à l’augmentation du nombre de conteneurs, le tout en intensifiant l’activité agricole et minière. La mise à niveau des quais, le virage numérique des autorités douanières, la modernisation des ports commerciaux et l’amélioration des circuits transfrontaliers sont des priorités récurrentes.

Le tableau est semblable pour la filière de l'énergie, où les pénuries continuent de brider la croissance. Dans un récent article, le prestigieux magazine The Economist révélait que le Nigéria produit moins d’électricité que l’État américain du Wyoming et qu’environ 600 millions de citoyens africains n’ont pas accès à l’électricité, un enjeu qui plombe la productivité. Les entreprises canadiennes détenant une expertise dans la stabilisation des réseaux, le stockage et la gestion des réseaux électriques intelligents sont bien placées pour jouer un rôle de premier plan et soutenir les efforts de la région dans ces domaines.

L'infrastructure minière recèle aussi des débouchés. Les pays longeant le golfe de Guinée continuent d'accroître leur production de bauxite, d’or et de minéraux critiques. Cette expansion en aval nécessite l'aménagement de routes, d’installation de transport de l’électricité, de réseaux d’aqueducs et d’alimentation en eau potable ainsi que d’usines de traitement. Comme la demande mondiale en minéraux critiques est appelée à se raffermir, les sociétés de génie et de services conseils ayant les capacités de construire des infrastructures intégrées auront là un filon lucratif à exploiter.

Les entreprises canadiennes peuvent rivaliser en misant sur leur fiabilité et leur bilan à long terme

Dans un marché où plusieurs entreprises se démarquent par leur rapidité ou l’ampleur de leur activité, le Canada a plusieurs avantages à faire valoir : la fiabilité, la qualité et le développement inclusif. Pour rivaliser, les firmes canadiennes doivent pleinement tirer parti des qualités qui les font sortir du lot : une exécution supérieure, la prestation transparente des services, des cycles de vie robustes et une gouvernance digne de confiance. Ces qualités valent plus que jamais leur pesant d’or à l’heure où les banques de développement régionales, les prêteurs multilatéraux et les parrains privés exigent une gestion prévisible des risques, le respect de normes environnements et sociales strictes, des infrastructures pérennes et des projets générant des retombées économiques et sociales pour les populations locales.

Or, ces occasions s’accompagnent de défis bien connus. En Afrique de l’Ouest, les tensions financières, le risque de change et l'instabilité politique sont des préoccupations tenaces. Pour les entreprises, ces aléas peuvent compliquer les contrôles préalables, bousculer les calendriers et chambouler les ententes commerciales. Pourtant, en dépit de ces écueils, des pays comme la Côte d’Ivoire – et dans une moindre mesure le Sénégal – disposent de ressources bancaires comparativement robustes et offrent certains atouts comme un contexte réglementaire adéquat, la libre circulation des capitaux, la stabilité monétaire et des antécédents de paiement qui s’améliorent. Leur appartenance à la zone franc CFA (arrimé à l’euro) contribue à maintenir un contexte stable ou l’inflation reste peu élevée, deux éléments qui réduisent le risque de change et facilitent le bon déroulement des transactions, autant de conditions qui renforcent l’attractivité des projets.

Fait digne de mention, les sociétés canadiennes de génie, de services conseils et de technologies propres se sont forgé une solide réputation à l'international. Dans la région, elles pourraient faire face à une concurrence très vive. Et pour cause : les sous-traitants soutenus par l’État chinois, les groupes de logistique des États du Golfe ainsi que les constructeurs agiles de la Turquie s’implantent souvent sur les marchés et remportent des contrats publics d’envergure en mettant de l’avant l’étendue de leurs capacités, leur vitesse d’exécution et leurs réseaux locaux. En vérité, une poignée de firmes africaines possèdent les ressources pour porter les grands chantiers nationaux, si bien que les sociétés de construction étrangères – et surtout chinoises – se taillent la part du lion. Voilà pourquoi un nombre limité d’entreprises d’Afrique occidentale se voient confier les projets les plus ambitieux de la région.

La conclusion : l’expertise du Canada peut faciliter le développement d’infrastructures en Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest, les besoins en infrastructure sont divers : réseaux de transport et d’électrification, services urbains et projets énergétiques, entre autres. Dans cette région du globe, le Canada peut se distinguer, non pas par l’ampleur de ses capacités ou de ses ressources financières, mais bien en mettant de l’avant les domaines où il excelle : services de génie fiables, réalisation transparente et résultats pérennes. Voilà comment les entreprises canadiennes peuvent mettre à profit la filière des nouveaux projets et enchaîner les succès dans un horizon à long terme.

Nous tenons à remercier chaleureusement Gabriel Vermette, associé principal des risques pays pour l’Afrique subsaharienne, et Jean-François Côté, analyste principal des microdonnées, pour leur contribution à la présente chronique.

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Date de modification : 2026-02-19