Résultat : la dette publique mondiale a plus que quintuplé depuis le début de la pandémie et a largement dépassé la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial. En 2022, la dette publique mondiale a atteint le sommet inédit de 92 000 milliards de dollars américains. Fait à noter, les pays en développement doivent près de 30 % du total de cette dette, contractée en grande partie par la Chine, l’Inde et le Brésil.
Les perspectives de croissance moroses et le contexte actuel de taux d’intérêt élevés n’ont fait qu’amplifier les tensions financières. En effet, les finances publiques sont de plus en plus mises à mal par la montée des coûts du service de la dette et par une croissance en berne des revenus. Et pour les pays dont les dettes sont libellées en dollars américains, la vigueur du billet vert exerce un poids supplémentaire.
À l’image des particuliers, les gouvernements peuvent s’adapter pendant une année ou deux en puisant dans leurs réserves, en réduisant leurs dépenses ou en souscrivant d’autres prêts. À la troisième année, les options deviennent cependant limitées. Dans notre Analyse trimestrielle des risques pays, nous avons révélé qu’un nombre grandissant de pays commencent à faire face à divers niveaux de surendettement. L’an dernier, plusieurs pays frontière – notamment le Sri Lanka, le Salvador et le Ghana – se sont retrouvés en défaut de paiement. Ce risque s’est accentué dans certaines économies plus grandes comme l’Égypte et le Pakistan. La notation des pays des Services économiques d’EDC rend compte de cette réalité puisqu’elle présente une nette hausse du nombre de pays exposés à un risque élevé de défaut au cours des prochaines années.
Et que font les entités souveraines lorsqu’elles sont confrontées à des difficultés économiques? En règle générale, elles tentent de restructurer leurs obligations envers les créanciers en demandant une forte diminution de la valeur nominale du prêt ou un prolongement de son échéance. Elles se tournent aussi vers des créanciers publics comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et le Club de Paris de créanciers bilatéraux en sollicitant un rééchelonnement de la dette ou tout simplement une remise de dette.
Récemment, ce processus s’est allongé dans le temps en raison du changement de la composition des créanciers. La Chine, qui n’est pas un membre officiel du Club de Paris, est maintenant le principal prêteur souverain aux pays en développement. On le sait, la Chine privilégie une approche qui lui est propre et met de l’avant ses priorités. Les gouvernements font désormais de plus en plus appel aux marchés financiers internationaux pour combler leurs déficits budgétaires, souvent à des conditions beaucoup moins favorables que celles offertes par des créanciers officiels
Conclusion?
Malgré l’intensification du risque de crédit souverain et la complexité des mécanismes à la disposition des pays confrontés au surendettement, nous ne voyons aucune crise de la dette souveraine se profiler à l’horizon. En fait, les économies en développement sont dans une meilleure situation qu’au milieu des années 1990, soit lors de la dernière vague de défauts souverains. En surveillant de près l’évolution des finances publiques, les exportateurs canadiens pourront mieux concilier les risques et les incroyables débouchés qui s’offrent à eux dans les économies du monde affichant une rapide croissance.
Nous tenons à remercier chaleureusement Ian Tobman, gestionnaire du Centre d’information économique et politique.
N’oubliez pas que votre avis est très important pour les Services économiques d’EDC. Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer à l’adresse economics@edc.ca et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future.