D’autre part, l’effet dissuasif de la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine incitent plusieurs entreprises à revoir leurs ambitieux plans d’expansion sur le marché chinois. Dans un sondage réalisé par Oxford Economics, 87 % des répondants considèrent un conflit entre la Chine et Tawaïn comme probable dans un horizon de cinq ans. La possibilité d’une « guerre pure et simple » dans la mer de Chine méridionale – un risque qui nous a récemment poussés à dégrader la notation du risque de violence politique en Chine –, pourrait accélérer la bipolarisation de l’économie mondiale.
Le Vietnam est l’un des bénéficiaires de l’escalade des tensions sino-américaines, de même que de la hausse du coût de la main-d’oeuvre et du déclin de la population en Chine. Les Services économiques d’EDC ont dernièrement amélioré leur notation pour le Vietnam. Cette décision s’explique en partie par l’augmentation des flux d’investissement vers ce marché, qui fait figure d’alternative à la Chine. Les économies regroupées sous la bannière d’Altasia pourraient se présenter comme un substitut acceptable au marché chinois.
Au chapitre des risques pays, au dernier trimestre, les Services économiques d’EDC ont effectué davantage de dégradations que d’améliorations des notations dans un éventail de catégories de risque. La notation des risques commerciaux à court terme a été mise à mal par des perspectives économiques plus ternes. Même si l’Europe a connu un hiver plus doux qu’à l’habitude, ce qui l’a aidée à éviter le double impact d’un cours élevé et du rationnement de l’énergie, nous nous attendons à ce que l’économie européenne fasse du sur-place cette année, compte tenu des prix plus élevés.
Sur les marchés développés, les banques centrales ont relevé les taux d’intérêt pour contrer l’inflation. Cette mesure a favorisé une sortie des capitaux dans plusieurs pays africains et, du même coup, conduit à une réévaluation mondiale des risques. Rappelons que bon nombre de pays en développement sont entrés dans la pandémie déjà lourdement endettés. Pour ne rien arranger, ces dernières années, ils ont accumulé d’importants déficits budgétaires et adopté des politiques monétaires non conventionnelles.
Or, l’appréciation du billet vert a fait augmenter le coût du service des dettes libellées en dollar américain. Cette augmentation s’est produite en même temps que l’envolée des cours des aliments et de l’énergie, qui sont un point sensible pour plusieurs de ces pays. Nous avons donc abaissé la notation de plusieurs marchés africains faisant face à une hausse du coût du service de la dette et à des tensions inflationnistes persistantes.
Auparavant considéré comme la destination de choix des investisseurs sur les marchés frontière, le Ghana a fait défaut à ses créanciers extérieurs à la fin de 2022. Le soutien du Fonds monétaire international (FMI) et d’autres institutions multilatérales est crucial pour éviter que d’autres pays se trouvent en situation de défaut, mais ce soutien pourrait ne pas suffire. Près de 25 % des entités souveraines notées par EDC courent désormais un risque élevé de défaut, y compris plusieurs économies de taille moyenne comme l’Égypte, le Pakistan et le Nigéria.