5. La guerre en Ukraine a soulevé une préoccupation fondamentale entourant l’avenir de l’économie mondialisée. La rivalité grandissante entre les États-Unis et la Chine risque de causer un découplage technologique, et même un retournement complet des tendances vers la mondialisation. Notre scénario de référence exclut une division des acteurs du commerce international motivée par des considérations géopolitiques. Si un tel scénario se réalise, il aurait des conséquences dévastatrices sur des nations commerçantes comme le Canada.
6. L’optimisation des chaînes d’approvisionnement a gagné en importance pendant la crise de la COVID-19, et cette tendance persistera même après la pandémie. Les investissements privés en capital de risque dans les technologies liées aux chaînes d’approvisionnement ont plus que doublé depuis 2016. D’ailleurs, on devrait investir dans de nouvelles installations et de nouveaux centres de distribution, ou la réorganisation de ceux déjà en place, pour combler le manque d’espace d’entreposage et accroître la productivité dans la gestion des chaînes d’approvisionnement.
7. La dette souveraine des marchés en développement, déjà en augmentation avant la pandémie, s’est alourdie considérablement ces dernières années. Ces marchés ont profité pendant un moment de faibles intérêts sur les paiements en raison d’une politique monétaire accommodante, mais le relèvement des taux fera en sorte que ces marchés auront plus de mal à assumer ces coûts. Ces marchés pourraient par conséquent se retrouver avec des ressources financières essentielles plus limitées, et même manquer d’argent pour financer des projets d’infrastructures et de services publics d’une importance primordiale.
8. L’inégalité des revenus, à l’échelle mondiale, est un autre enjeu qui a été mis à mal par la pandémie. Même si la situation s’était améliorée par le passé, le fossé entre les riches et les pauvres ne cessent de grandir – entre les pays et à l’intérieur de chaque pays. La montée en flèche des inégalités liées au revenu pourrait être un facteur défavorable alors que le risque géopolitique et les tensions déjà présents s’intensifient. Cette situation serait exacerbée par l’envolée du cours des matières premières agricoles.
9. Enfin, dernière tendance : d’ici 2030, la population sera plus urbanisée et plus âgée. En fait, chaque semaine, les villes compteront environ 1,5 million d’habitants de plus, et près de 60 % de la population vivra alors en milieu urbain. L’âge moyen devrait aussi augmenter, surtout dans les pays à revenu élevé et à revenu intermédiaire, où le nombre des personnes de 60 ans et plus atteindra les 400 millions. Il faudra par conséquent mettre en place les infrastructures et offrir les services, notamment en matière de soins de santé, tenant compte de ces évolutions démographiques.
Conclusion?
Dans un climat de volatilité, il est de plus en plus difficile de voir au-delà des turbulences actuelles sur les marchés. Pourtant, l’observation des tendances structurelles nous aide à y voir plus clair et à progresser. Cette perspective clairvoyante nous donne un aperçu des risques et des possibilités à venir, et facilite des choix éclairés en matière de stratégie à long terme.
Nous exprimons des remerciements tout particuliers à l’équipe des Services de recherche et d’analyse pour sa contribution à la présente édition.
Les Services économiques d’EDC vous invitent à leur faire part de vos commentaires. Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer à l’adresse economics@edc.ca et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future du Propos.