[00:14:09.340] - Orateur 1
Et moi, je l'ai vécu, une femme d'affaires devient quasiment la porte- parole d'une autre femme d'affaires parce qu' en parlant avec un donneur d'ordres- La mentor. - la mentor, mais elle lui ouvre la porte. Elle lui ouvre la porte, elle lui dit « Je connais quelqu'un qui peut te donner telle réponse de service. » Ça, c'est une force majeure quand on fait ce genre d'échanges. Ça propulse encore plus. Et celle qui l'a déjà fait l'exportation, de continuer aussi de découvrir les autres femmes d'affaires, ça peut compléter peut- être son offre de services. Donc, autant qu'il y a le maillage entre les femmes, autant qu'il y a le maillage avec un organisme ou des organismes qui peuvent les entourer et de se lancer, d'effricher, comprendre le marché, valider est-ce que ça vaut la peine, est-ce que je suis prête? Et par la suite, on peut y aller vers le démarchage. Et souvent, quand on effriche un terrain, c'est là qu'on revient avec des bons contacts pour faire le suivi.
[00:15:02.720] - Orateur 3
Justement, Geneviève, est-ce qu'il y a des produits ou des services que tu as utilisés pour développer tes activités à l'international?
[00:15:11.940] - Orateur 2
Oui, effectivement. Si je commence par le réseau des femmes à faire à travers les différentes années que j'ai été membre et que je suis toujours membre active, une mission commerciale. J'ai participé aux missions commerciales aux États-Unis, ailleurs, au Canada également avec eux. Ma première mission a été il y a six ans et j'ai vraiment apprécié d'être entourée de l'équipe et d'autres femmes dans ma situation à différents niveaux. C'est fun de partager un peu justement nos questionnements, notre développement à l'international et ce qui a aidé comme autre outil qui est ça qui a été fortement encouragé à travers le réseau, mais également ailleurs, c'est justement la certification. Bconnect, parce que c'est une certification internationale. Est-ce que ça veut dire lorsqu'on va à l'international et qu'on a cette certification-là, c'est comme un peu un saut de d'approbation. On est quand même audité financièrement, la structure et tout. Le fait d'avoir ça, il y a tout de même une entreprise externe qui a passé à travers notre entreprise pour certifier qu'elle était aussi viable. Donc, ça donne une confiance lorsqu'on prend contre un acheteur ou des grandes corporations, si je puis dire. C'est mes outils principaux. Également, je sais que DC offre un service pour une assurance pour être payée des clients internationaux si on a peur de ne pas être payé.
[00:16:31.360] - Orateur 2
Ça, c'est un outil super intéressant qui peut rassurer une personne qui exporte et qui ne connaît pas tout à fait bien son client dans l'autre pays. Je dirais que c'est les outils principaux que j'ai utilisé, les missions, la certification et les assurances du CAC.
[00:16:45.750] - Orateur 3
Geneviève, quels sont les défis qui sont particuliers auxquels les entreprises dirigées par des femmes sont confrontées lorsqu'elles exportent?
[00:16:57.500] - Orateur 2
C'est une très bonne question. Je ne sais pas si c'est vraiment des défis reliés par rapport aux femmes, mais je vais tout de même nommer quelques- uns des défis auxquels on se passe ou on entend, j'entends autour de moi, les femmes entrepreneurs, que les femmes entrepreneurs ont pas. Premièrement, il y a le financement. Souvent, on est moins nombreux en tant que femmes entrepreneurs, nombreuses en tant que femmes entrepreneurs au Canada, par exemple, et souvent, c'est des entreprises plus jeunes. Parfois, d'aller chercher du financement, ça peut être plus difficile, surtout à l'exportation, parce que c'est plus risqué. Nous, simplement. Il y a également des choses qu'il faut penser. Par exemple, le taux de change par rapport aux pays vers lesquels on exporte. Il y a parfois aussi la barrière de la langue qui peut être quelque chose qui est difficile à gérer. Si on a vu des femmes avec qui j'ai fait des missions qui ne parlaient pas anglais, par exemple, ça, c'est un des grands défis de la langue. C'est quelque chose qui est important. Également, penser au dédouanage, en cas de produit qui peut être un grand défi si on ne connaît pas bien toutes les règles de dédouanage dans chacun des pays.
[00:18:03.530] - Orateur 2
Justement, si vous avez des paiements du client, ça, c'est quelque chose d'autre qui peut être également difficile à aller chercher d'avance. Donc, il faut faire confiance aux clients, il faut s'arranger de ce côté- là. Et je dirais un autre défi, c'est d'être patient. C'est la patience. C'est toujours super long, surtout en mode mission commerciale, lorsqu'on rencontre des grandes corporations, de vouloir faire affaire avec eux. Et il y a plusieurs femmes qui se découragent très vite et qui vont dire « Je suis allée une fois, je n'ai pas vu de résultat, je n'y retournerai pas. » Mais malheureusement, il faut tenir bon, il faut revenir dans chaque année pour faire des suivis. Je peux vous donner un exemple. J'ai un client que j'ai rencontré dans une mission commerciale en 2017 aux États-Unis. Ça a pris cinq ans avant que ce client-là devienne client.
[00:18:47.120] - Orateur 3
Chez nous. Justement, tous ces défis- là peuvent amener un certain découragement. C'était quoi à la base ton objectif ou l'objectif de ton entreprise d'exporter?
[00:18:58.390] - Orateur 2
Ça ouvre les marchés. C'est également, pour nous, étant dans les produits, c'est du plus grand volume pour nous. En général, on parle de 10 fois plus gros que le marché américain. C'est aussi près de chez nous, donc c'est pour commencer un endroit plus facile à côté, parce qu'on a des transportes terrestres qui peuvent être utilisés. Et nous, de notre part, on a également plusieurs fonds d'ouverture qui sont déjà aux États-Unis. Alors, pour nous, exporter, c'est quasiment déjà un homme. Les produits sont déjà là, mais c'est plutôt d'amener maintenant des clients américains chez nous pour leur offrir des produits qui viennent de chez eux, drôlement. C'était l'intérêt, pourquoi on voulait exporter? C'était justement pour plusieurs raisons, mais parce que justement, on avait déjà un pied à terre aux États-Unis avec plusieurs fournisseurs et co-produceurs.
[00:19:47.890] - Orateur 3
Justement, NADA, avec tous les défis qui ont été mentionnés, j'imagine que le RIFAC est là justement pour aider à relever ces défis- là par on en a parlé tantôt, outiller les femmes d'affaires, la mise en relation, mais est- ce qu'il y a autre chose auquel tu penses que la femme qui veut exporter doit penser à ou se préparer pour relever.
[00:20:16.070] - Orateur 1
Ces défis- là? Entièrement, c'est un travail continu, je dirais, qui doit commencer très tôt. Geneviève, elle a parlé des défis aussi qui sont hyper importants parce que exporter, comme on a dit, c'est un investissement, donc il faut avoir les capacités aussi de tenir le coup parce que c'est pas aujourd'hui... C'est un cycle quasiment de 12 à, si c'est pas 18 mois, 24 mois avant de commencer à rentabiliser l'exportation. C'est un cycle normal pour tout entrepreneur, pas juste les femmes. Par contre, il y a quelques années, on a fait une analyse, un petit peu, pour sortir un guide qui fait un autod diagnostic sur « Est-ce qu'aujourd'hui je suis prête à exporter? » versus « Plus tard, quand est- ce que je serai prête à exporter? » Ce guide- là, on le trouve sur notre site web. C'est un des outils d'autod diagnostics à l'exportation. Après ça, c'est aussi, nous, on rajoute de l'accompagnement avec ce qu'on regarde et on suit l'évolution de nos femmes entrepreneurs. Je vous dirai récemment, on est en train de mettre en place, comment je fais un suivi auprès d'un grand donneur d'ordres ou d'un potentiel client qui est à l'exportation?
[00:21:26.430] - Orateur 1
Est-ce que je le rappelle à toutes les semaines? Ce n'est pas quelqu'un qui va me répondre le lendemain. Est-ce que je le rappelle par téléphone? Est-ce que je le rappelle par courriel? Comment je lui fournis le courriel? Et après ça, quand il me demande de faire une offre de service, comment je peux le rassurer que je suis capable, moi, de tenir? Parce que souvent, à l'exportation, ils vont demander une assurance financière, de pouvoir aussi prendre en charge comment je vais négocier avec lui, qui va payer le transport? Qui va payer si c'est des produits qu'on va faire? Donc, nous, on vient complètement aider cet accompagnement quand on parle de l'exportation. On le fait aussi avant une mission. Pendant la mission, on a des accompagnatrices qui vont être attitrées aux membres pour pouvoir suivre, pour pouvoir être là. Des fois, ça donne un petit appui. Et le « Après ». Et c'est le « Après » qui est aussi un point majeur dans l'exportation. Comment je fais ce suivi- là, comme on l'a dit? Et comment je lui ai écrit et je rédige mon offre de services? Il y a des façons aussi de simplifier l'offre de services, mais de la mettre dans la perspective du marché que je veux atteindre.
[00:22:32.650] - Orateur 1
Ce n'est pas tout le monde qui veut l'a voir comme je le fais localement. Il y a d'autres faisceaux qu'il faut écrire. Ça, c'est de les amener, nous, en tant que réseau des firmes d'affaires, de donner ces outils et de suivre cet évoluentieux évolution- là de nos femmes entrepreneurs.
[00:22:47.380] - Orateur 3
1. Donc, vraiment un accompagnement global, puis un suivi de l'évolution. Je trouve ça intéressant, le guide, dans le sens où il y a beaucoup de gens qui me demandent quand est- ce que je suis prête ou que mon entreprise est prête à l'exportation? Il n'y a pas de bonnes et mauvaises réponses. Donc, le guide peut peut- être outiller l'entrepreneur à prendre une décision peut- être un peu plus éclairée ou des risques un peu plus calculés, parce qu'effectivement, l'exportation c'est un investissement, c'est un risque, mais le plus qu'on le calcule, le plus que les bénéfices vont revenir peut- être, ou le moins de gouffre il va avoir devant nous, le plus qu'on ait tout dit. C'est vraiment intéressant. Nada, j'aimerais que tu me parles ou que tu parles à nos auditeurs de Mission Paris, qui est un événement, je crois, annuel. Je pense qu'il est trop tard pour s'inscrire en 2023, mais peut- être nous un peu de cet événement- là.
[00:23:47.660] - Orateur 1
Oui, actuellement, on a toute la délégation, notamment avec RUTH, qui sont à Paris actuellement. C'est dans le cadre des Femmes chefs d'entreprises mondiales où il y a cette mission à Paris, parce que c'est un organisme qui regroupe au- delà de 120 chefs d'entreprise francophones et nous avons l'honneur d'avoir RUT qui a été choisi pour représenter les femmes chefs d'entreprise du Québec francophone. Aujourd'hui, on a pu faire aussi cette mission en même temps, en parallèle, avant la conférence qu'il y a, parce que ça va donner aussi la possibilité de rencontrer au-delà de 140 femmes entrepreneurs. Donc, le maillage est excellent. Et il va y avoir aussi comment je peux percer le marché de la France. Il y a aussi de créer des relations entre des entrepreneurs venant de toutes les autres représentantes de pays, mais aussi de faire la rencontre de représentants de grandes entreprises pour qu'on puisse faire ce maillage avec les grands donneurs d'ordres. Et il y a eu toute la préparation, mais actuellement, il y a aussi de comprendre comment je fais affaire en France. Parce que faire affaire en France, même si le barrage de la langue que Geneviève a nommé, il en demeure.
[00:25:04.610] - Orateur 1
Il y a une adaptation à un jargon, il y a une adaptation aussi à une culture, donc de la comprendre comment on peut le faire. Après ça, avec le réseau, la beauté de ce genre de mission aujourd'hui à Paris qu'on fait, il y a des réceptions métaux à l'ambassade du Canada qui a été planifiée. Il y a eu une rencontre avec la délégation générale du Québec à Paris. Il y a plusieurs collaborateurs qui vont être... Qui vont entourer la délégation et ouvrir les portes de maillage avec des grands donneurs d'ordres. À partir de jeudi, il y aura la participation au Pau-Gray des femmes chefs d'entreprises mondiales, qui a une thématique cette année qui est l'intelligente et inspirée rente, l'entreprise conjuguée au féminin. Et je trouve que la thématique, elle est forte. De dire qu'est- ce que ça amène d'avoir l'impact, on parlait de l'impact des femmes entrepreneurs sur la scène économique. Ça peut amener aussi des conférences sur des enjeux économiques, environnementaux, technologiques, que je parle de l'intelligence artificielle, les cyber sécurités. Croyez- vous, croyez- le, aujourd'hui, on a des femmes d'affaires qui sont dans ces sphères- là de plus en plus, dans la technologie, dans l'intelligence artificielle, dans la cybersécurité.
[00:26:17.090] - Orateur 1
De faire valoir la femme entrepreneur dans toutes les sphères des secteurs de marché, c'est ça ce que c'est la mission de Paris aujourd'hui.
[00:26:26.940] - Orateur 3
Une femme qui est entrepreneur, qui est prête à se lancer sur le marché européen ou français, a intérêt peut- être à rechercher un peu cette mission Paris qui pourrait être une porte d'entrée sur du maillage, rencontrer les délégations là- bas, l'ambassade, etc. Et peut- être faire les premiers pas vers le marché européen. Ma dernière question s'adresse à vous deux, peut- être en commençant par Nada. Quels conseils donnerais- tu aux femmes entrepreneurs pour leur pour les aider dans leur parcours à l'exportation?
[00:27:03.000] - Orateur 1
Je vais reprendre la route qu'il y a de la fougue de dire « lancez- vous. » Il faut se lancer. Moi, je vais compléter savoir s'entourer. Il ne faut pas hésiter de s'entourer. Il y a des études, il y a plein de statistiques qui ont mis en avant- plan que la femme entrepreneur veut tout comprendre avant de se lancer. C'est bien de comprendre, puis après ça, de savoir où aller chercher le soutien nécessaire pour aider la femme entrepreneur à passer au prochain niveau. On a énormément de ressources aujourd'hui. Si on parle de l'exportation, on a dit EDC, Canexport, Investissement Québec, le REFAC qui va et le REFAC, on en a pour les femmes, mais il y en a aussi d'autres qui sont en complémentarité, qui sont associés avec le REFAC. C'est pour ça que d'aller chercher des organismes. Les organismes, ils ont des ententes, des collaborateurs, des partenaires qui peuvent faciliter l'ouverture de la porte à ces femmes- là et participer à des missions. Participer à des missions, comme on a dit, l'international, l'exportation, c'est un investissement qu'il faut faire pour mieux prendre la décision. Est-ce que je suis prête aujourd'hui ou comment je planifie pour savoir quand est- ce que je serai prête.
[00:28:18.590] - Orateur 1
C'est ça ce que je dirais, oser se lancer et savoir s'auto.
[00:28:22.970] - Orateur 3
Oser et prendre des risques uniques. Absolument. Justement, être bien préparé. Geneviève, de ton côté?
[00:28:31.170] - Orateur 2
Nadège a fait un super beau résumé sur ce qu'on doit faire pour se préparer à exporter. Ce que je peux ajouter ensuite, par rapport à mon expérience, c'est que c'est un processus qui est long. Donc, je pense que d'aller sur la mission ou de démarcher en plantant des graines tranquillement, même si on n'est pas prêt, on va devenir prêt avec le temps. Donc, vu que c'est ça, on a parlé d'un processus qui est 12, des fois 24 mois avant d'avoir même une première commande, ça vous donne le temps de se transigner. Également, parler à d'autres entrepreneurs qui font des jobs. Je pense que les entrepreneurs, de manière générale, sont super généreux de parler vers l'extérieur, de parler de leurs soucis ou leurs défis à l'export ration qui fait qu'on va en apprendre et pas répéter les mêmes erreurs si ça peut être évité comme un homme entrepreneur, il adore justement de bien s'en trouver. Je pense que pour une première fois d'y aller avec un autre groupe d'entrepreneurs à l'international, on se sent soutenus et on s'entraide entre eux.
[00:29:32.590] - Orateur 3
C'est vraiment un des objectifs de ce balado, qu'on puisse s'inspirer par les histoires de femmes et d'hommes entrepreneurs qui ont fait le saut avec les défis que ça comporte et les succès aussi de partager les bons coûts. Je pense que quelque chose qui revient, puis tu l'as mentionné, c'est d'aller sur le terrain, semer les graines, y aller physiquement et parler, que ça soit, oui, à d'autres entrepreneurs qui l'ont fait, mais parler aussi aux acteurs de ce marché d'exportation, là, avec toutes les ressources qui existent autour. Nada Zogbib, Directrice des programmes économiques chez Réseau des formats d'affaires du Québec et Geneviève Étier, Présidente, Directrice générale de Subzone. Merci énormément à vous deux pour votre partage. Merci pour le temps que vous m'avez accordé aujourd'hui. Je suis de pleine reconnaissance et je suis certaine que plusieurs femmes ont pris plusieurs perles dans leurs sacoches pour les aider dans ce grand parcours qui est l'exportation.
[00:30:28.110] - Orateur 1
Merci à toi Marie-Josée. Merci Allez, bonne vieille.
[00:30:30.270] - Orateur 2
Vous aussi. Merci Nathana. Merci Marie-Josée.
[00:30:34.090] - Orateur 3
Merci de vous être joint à nous aujourd'hui à l'émission L'Impact de l'exportation balado. Si vous aimez l'épisode d'aujourd'hui, on aimerait que vous vous abonnez, que vous notiez, que vous laissiez un commentaire sur votre plateforme de diffusion préférée. Je vous dis à dans deux semaines.